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Mise à jour :  05/01/10

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Politique pharmaceutique de la Palestine

Fiche d’identité de la Palestine
 
Superficie: 61 62 km2
Population: 2 524 130 (1997)
Taux de croissance de la population : 3.7%
Population urbaine (+ camps de réfugiés): 45%
Espérance de vie à la naissance : 66 ans
PNB par habitant : $US 1 480 (1997)
Monnaie : Nouveau Sheqel Israelien (NSI): 1NSI =0.25 $US
 
Le système de santé
 
Taux de mortalité infantile : 40-45/1000
Taux de mortalité maternelle : Cis-Jordanie: 45-60/100 000
Bande de Gaza: 30-60/100 000
Nombre d’habitants/lit hospitalier : 1.2/1000 populations
Dépense publique de santé : 77 408 million US$ (1995)
Dépenses nationales de santé : Tous secteurs : 243 928 millions $US (1995)
Dépense national de santé per capita : 96.6 US$
 
Le secteur pharmaceutique
 
A. Données générales
 
1. Données économiques
 
- Dépenses publiques en médicaments : Facture totale en 1996 : 50-60millions US$
- Valeur de la production pharmaceutique nationale: 725 produits (1997)
- Nombre de laboratoires nationaux: 8
Le marché pharmaceutique en Palestine (1996)
 

Fournisseur

Privée

UNRWA

Publique

Laboratoire local

55%

10%

35%

Entreprise Etrangère (grossistes)

30%

90%

30%

Laboratoires Israélien

15%

00%

35%

Total

100%

100%

100%

 
Proportions des fournisseurs différents dans le marché Palestinien
 

Fournisseur

%

Laboratoires nationaux

45

Laboratoires étrangers

30

Laboratoires israéliens

25

 
2. Organisation du secteur pharmaceutique
 
Secteur pharmaceutique privé :
 
Profil Pharmaceutique de la Palestine
 

 

 

Cis-Jordanie

Bande de Gaza

Total / Moyenne

1

Nombre de médecins

1,500

1,757

3,257

2

Population par médecin

1,332

687

1,000

3

Nombre de pharmaciens

640

600

1,240

4

Pharmaciens/100,000 population

43

62

52

5

Nombre de pharmacies

358

202

560

6

Population/pharmacie

3,679

4,718

4,054

7

Nombre de grossistes

31

19

50

8

Nombre de fabricants

7

1

8

 
Les laboratoires pharmaceutiques sont concentrés dans le centre de la Cis-Jordanie et plus particulièrement dans la région de Ramallah.
L’évolution des médicaments sous forme de spécialités vers les génériques est presque absente. Il n'y a que très peu de médicaments génériques en Palestine. Tous les médicaments portent des noms commerciaux et il existe toujours des médicaments sous brevet qui sont fabriqués et mis sur le marché local. (Amoxicillin/Acid Clavulanique, par exemple).
 
Secteur pharmaceutique public ou à but non lucratif:
 
La réglementation du secteur pharmaceutique est de la responsabilité de la direction de la pharmacie au ministère de la santé palestinienne.
Les lois réglant le secteur pharmaceutique en Palestine sont anciennes et fonctionnent surtout en ce qui concerne les pharmacies privées. Les lois diffèrent entre elles-mêmes que l’on parle de la cis-Jordanie ou de la Bande de Gaza, ce qui est un obstacle pour unifier le cadre pharmaceutique. Les lois anciennes ont été ajustées par des décrets ministériels qui ont comme but d’unifier les règles dans les deux régions. Les deux lois en cis-Jordanie et Gaza n’ont pas de règles pour équilibrer le nombre de pharmacies et les populations qu'elles desservent.
Les pharmaciens n'ont pas le droit de substitution des spécialités par des médicaments génériques.
La législation appliquée au secteur pharmaceutique en cis-Jordanie est la loi jordanienne numéro 43 1966 de la santé publique et la loi numéro 10/57 de l'association pharmaceutique jordanienne qui fonctionnait avant juin 1967. Dans la bande de Gaza, c'est la loi Egyptienne de Santé Publique numéro 21/41.1967.
De nouvelles réglementations appliquées aux activités du secteur pharmaceutique ont été effectuées à partir du 1er Juin 1997.
L'assurance qualité en cis-Jordanie ainsi que dans la bande de Gaza est considérée bonne. L'assurance qualité est de la responsabilité du département de l'assurance qualité des médicaments et de l'enregistrement de la direction de Pharmacie au Ministère Palestinien de la Santé. Pratiquement, il existe deux directions de pharmacie, une en cis-Jordanie et l'autre dans la bande de Gaza. Les deux directions font les mêmes activités, mais leurs régulations et demandes sont différentes. Des initiatives ont été récemment prises dans les deux régions pour effectuer des réglementations communes.
La direction de l'assurance Qualité et de l'Enregistrement est composée de trois départements de réglementation:
L'Enregistrement
L'Inspection et l'implémentation de la (GMP)
Le Laboratoire de Contrôle de Qualité
En pratique, le laboratoire de contrôle qualité n'existe pas. Les analyses de contrôle sont actuellement effectuées d’après des contrats, dans les laboratoires du Centre de la Santé Environnementale et Professionnel à l'Université de Bir-Zeit.
 
B. Politique pharmaceutique
 
1. Sélection des médicaments et des produits pharmaceutiques
 
Il existe à peu près 4 000 médicaments sur le marché de cis-Jordanie et la bande de Gaza; malheureusement, de nombreux sont soit des copies ou des médicaments associés pour des problèmes qui pourraient bien être traités avec une seule molécule. Le ministère palestinien de santé a un rôle limité dans la sélection et le monitoring de la qualité des médicaments qui se trouvent dans le marché privé.
En cis-Jordanie et dans la bande de Gaza, il existe à peu près 725 médicaments fabriqués par l'industrie pharmaceutique locale, qui sont enregistrés au ministère de la santé. Le reste est composé de produits importés d'Israël ou de l'étranger. Tous les médicaments trouvés sur le marché israélien sont aussi présents en cis-Jordanie et dans la bande de Gaza. Les produits pharmaceutiques fabriqués par l'industrie locale ne sont pas autorisés par la loi israélienne a être exportés en Israël.
En tout, il existe à peu près 700 médicaments utilisés dans le secteur public en cis-Jordanie, et presque 550 dans la bande de Gaza. Ils représentent presque tout les groupes thérapeutiques.
Les médicaments dans les centres de soins et les hôpitaux du secteur public sont fournis sous noms génériques.
Les médicaments traditionnels n'existent pas dans les programmes du ministère de la santé. Pourtant ils ont été utilisés pendant des générations. Ces remèdes sont très utilisés par la population et peuvent être achetés dans des magasins spécialisés mais ceux-ci ne sont pas dirigés par des personnes ayant reçu une formation médicale ou paramédicale. Des exemples de médicaments traditionnels sont : sauge, camomille, menthe et le thym. Les magasins vendant ces remèdes ne sont pas enregistrés au Ministère de la santé.
L'information sur les médicaments est offerte aux pharmaciens et aux médecins par les laboratoires palestiniens ou par les grossistes. Il n'existe pas de source indépendante et accessible pour que les prescripteurs puissent obtenir des informations récentes.
 
2. Approvisionnement
 
L'approvisionnement en médicaments en cis-Jordanie et dans la bande de gaza est considérée bonne. Il existe peu de rupture de stock en médicaments actuellement de même qu’il n’y en a pas eu pendant les périodes de transition du contrôle de l'autorité israélienne à l'autorité palestinienne nationale.
L'accès physique aux pharmacies des institutions gouvernementales ou charitables est bon. Il existe en plus un grand nombre de pharmacies privées. Les médicaments qui ne se trouvent pas dans un des endroits peuvent toujours être trouvés dans les autres.
L'accès financier aux médicaments pose un problème par contre, surtout pour les population pauvres. Dans les pharmacies privées, les prix des médicaments sont élevés, à comparer avec les prix internationaux. En général, les conditions économiques qui se détériorent ainsi que le grand pourcentage de chômage ont mis les médicaments en dessous du pouvoir d'achat d'une grande partie de la population. D’après des chiffres récents du Bureau Palestinien Central des Statistiques, les médicaments comprennent une partie majeure des dépenses (environ 50%) des familles palestiniennes pour la santé.
 
Le secteur public:
 
Il y a un consensus général que la disponibilité des médicaments dans les hôpitaux gouvernementaux ainsi que dans les centres de soin primaires s'est clairement amélioré depuis que le ministère palestinien de la santé a pris la responsabilité du secteur de la santé.
Les médicaments prescrits sont dépensés pour un co-paiement de NSI 3 (environ US$1) pour chaque prescription. La prescription est limitée à 3 médicaments. La prescription est gardée par le pharmacien et elle est rendue à la pharmacie centrale ou régionale. Si les médicaments prescrits n'existent pas, le pharmacien peut les acheter avec un maximum de NSI 500. Une autorisation est nécessaire dans de telles situations.
Les médicaments sont fournis par le CDS (central drug store) par un appel d'offre. La cis-Jordanie et la bande de Gaza font des appels d’offres indépendants, 2 fois par an, qui sont évalués par un comité comprenant des pharmaciens, des médecins et le personnel de l'assurance qualité. Les médicaments fournis dans ces appels d'offres sont testés par tirage randomisé. Le paiement est fait juste après la livraison au CDS. Les médicaments sont distribués aux pharmacies régionales tous les 2 mois. Les documents envoyés aux pharmacies régionales ne contiennent pas le coût des médicaments.
Dans le secteur public, le besoin en médicaments est estimé à environ 110% de l'année précédente, prenant en compte le fait que la population couverte par l'assurance médicale est en augmentation.
L’ UNRWA (United Nations Relief and Works Agency for Palestine Refugees in the Near East) a une politique pharmaceutique bien stricte: elle suit la Liste des Médicaments Essentiels de L'Organisation Mondiale de la Santé. La plupart des médicaments sont fournis par des appels d'offres internationaux. Avant les ruptures de stock, des appels d'offres locaux sont lancés.
L'UNRWA offre les médicaments gratuitement aux réfugiés enregistrés. Elle a deux centrales d'achat majeures, une à Jérusalem et l'autre dans la bande de Gaza. La disponibilité des médicaments dans les centres de santé est bonne en général.
Plusieurs Organisations Non Gouvernementales comptent dans la distribution des médicaments à partir de listes limitées. Pour leur approvisionnement, elles dépendent d'une grande partie des dons des ONG's internationales et d’autres organisations. Quand même, en cas de besoin, elles achètent à des laboratoires locaux et à des grossistes.
Les ONG, ainsi que les organisations charitables, chargent en général des frais nominaux sur les médicaments. Des informations précises concernant leurs dépenses n'existent pas et sont difficiles à obtenir, mais sont estimées à environ US$8millions par an.
 
Le secteur privé:
 
Les patients peuvent se procurer des médicaments sans prescriptions sans aucun problème. Ainsi, les antibiotiques sont simplement dispensés après demande du patient.
Les pharmacies se procurent les médicaments et les dispositifs médicaux auprès des laboratoires pharmaceutiques locaux et des 50 grossistes et distributeurs situés en cis-Jordanie et dans la bande de Gaza. La majorité des grossistes ne sont rien que des distributeurs car seulement une minorité est autorisée à exporter directement aux territoires sous la juridiction de l'autorité palestinienne nationale sans un intermédiaire israélien.
Une estimation montre que entre 1995-1996, les pharmacies privées ont vendu des médicaments et des dispositifs d'un montant de NSI 60millions (environ 20millions US$).
Les dépenses du secteur privé en cis-Jordanie et dans la bande de Gaza sont estimés à environ 20millions US$.
Le coût des médicaments dans les pharmacies privées est calculé à 125% du coût de prix de laboratoire, 25% est la marge de la pharmacie. Une taxe de 17% de TVA est ajoutée.
Le prix du médicament est imprimé sur l'emballage. Le pharmacien n'a ni le droit d'offrir au patient une réduction, ni de pratiquer une substitution de médicaments.
 
3. Usage des médicaments et informations pharmaceutiques
 
Il existe en Palestine un grand besoin d'implanter une politique national pour un usage rationnel des médicaments.
La prescription irrationnelle des médicaments est un problème très répandu en Palestine, et cela entraîne des impacts économiques importants. Les médecins prescrivent sous noms commerciaux et la rapport coût/efficacité des prescriptions est rarement prise en considération que cela soit dans la pratique publique ou privée. Les prescripteurs dans les institutions publiques ne sont pas conscients des coûts des médicaments qu'ils prescrivent.
HDIP/WHO. “Infrastructure and health services in the West Bank: guidelines for health care planning”.Ramallah,1993.WHO/EDM/DAP/2000. “Drug situation analysis for the West Bank and Gaza Strip”. 2000.
 

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