réseau médicaments et développement
Mise à jour :  11/07/14

Réseau Médicaments et Développement

 

 

english

carnet d'adresses

liens utiles

nous soutenir

! Soutenir notre action

Politique pharmaceutique du Burundi

Fiche d’identité

Superficie : 27 000 km2
Population : 10,16 millions d’habitants (2013)
Taux de croissance de la population : 
Population urbaine :
Espérance de vie à  la naissance : 56 ans  (2012)
RNB par habitant, méthode Atlas ($ US courants) 280$ (2013)
 

Le système de santé

Taux de mortalité des moins de 5 ans: 104%o (2012)
Taux de mortalité infantile : 23 %o (2012)
Taux de mortalité maternelle : 28 pour 1 000 naissances (2012) 
Nombre d’habitants/lit hospitalier :

L’organisation du système de santé au Burundi est de type pyramidal à trois niveaux à savoir, le niveau central, le niveau intermédiaire et le niveau périphérique.

Le niveau central comprend le Cabinet du Ministre de la Santé Publique et de la Lutte contre le Sida, le Secrétariat Permanent, l’Inspection Générale de la Santé Publique et de la Lutte contre le Sida, les Directions Générales, les Départements et les Programmes Verticaux. Ce niveau est responsable, entre autres, de la définition de la politique sanitaire, de la régulation, de l’élaboration des stratégies d’intervention et de l’application des normes. Ce niveau comprend aussi des administrations personnalisées à gestion autonome y compris les structures de soins de référence nationale toutes localisées à Bujumbura.

Le niveau intermédiaire est composé de 17 Bureaux Provinciaux de Santé (BPS), soit un par province administrative. Les BPS sont chargés de la coordination des activités sanitaires au niveau provincial et de l’appui aux districts sanitaires notamment dans la formation du personnel. A ce niveau correspondent 15 hôpitaux provinciaux qui sont situés en général au chef-lieu des provinces ; certains d’entre eux sont des hôpitaux de district.

Le niveau périphérique compte 45 districts sanitaires et 735 centres de santé. Le district sanitaire est l’entité opérationnelle la plus périphérique du MSPLS couvrant une population de 150.000 à 250.000 habitants et 10 à 15 centres de santé publics. Les districts sanitaires ont des hôpitaux de première référence.

A côté de l’offre des soins du secteur public, il existe des prestataires privés ainsi que des structures sanitaires confessionnelles agréées.

En 2012, le budget de la santé représente 7,05% du budget national, loin des 15% recommandés dans la Déclaration des Chefs d’Etats Africains à Abuja en 2000. Ce budget est relativement progressif parce qu’il a presque triplé en 6 ans en passant de 2,16% à 7,05%. Malheureusement, la part réservée aux médicaments n’a pas suivi la même progression. Le taux d’augmentation est plus faible. Le secteur pharmaceutique bénéficie également de l’appui des partenaires au développement. Pour la période 2006-2007, selon la cartographie réalisée par l’OMS, 50 millions de dollars américains supplémentaires ont été ainsi obtenus.

Le secteur pharmaceutique

A. Données générales

1.Données économiques
- Dépenses publiques en médicaments: 540 millions de  FBu (2001) soit 5,4 MF
- Marché pharmaceutique burundais : 60 MF
- Valeur totale des importations de médicaments (prix CIF) :60% des médicaments consommés
- Marché pharmaceutique burundais: 60 millions F (2000) 

Exportations pharmaceutiques françaises en Afrique francophone (milliers de francs)

 

1997

1998

1999

2000

2001

milliers de FF

10 926

11 578

8 978

12 215

10 351

 

2.Ressources humaines 

En 1998, il y avat 65 pharmaciens au Burundi. En 2012, le nombre de pharmaciens s’élève à 104 dont plus de 80% oeuvrent dans le secteur privé lucratif représenté par 385 officines, 12 pharmacies grossistes et une unité de production dénommée Société Industrielle Pharmaceutique (SIPHAR). Ces pharmacies ne sont pas équitablement réparties dans le pays car elles sont surtout concentrées dans la ville de Bujumbura

Le secteur pharmaceutique accuse un déficit important en cadres nationaux qualifiés. L’absence d’une filière de formation de pharmaciens dans les universités locales en est la raison majeure.

Depuis 2003, l’Institut National de Santé Publique a formé 71 Techniciens Supérieurs en Pharmacie dont plus de la moitié travaillent dans le secteur privé.

3.Organisation du secteur pharmaceutique

Secteur pharmaceutique privé :

Evolution du nombre de points de vente, de grossistes et d’industries dans le secteur pharmaceutique privé 

1990

2000

2001

2009

2012

Pharmacies

59

 80

       93

385

Dépôts

 

 

  

total

 

 

 

Nb grossistes

5

 10

 

14

Nb industries

2

 1

  1

1

1

Il existait en 2000 au Burundi 80 pharmacies privées (60 officines mère et 20 succursales) agrées par le Ministère de la Santé dont 15 en province, auxquelles il faut ajouter les 20 pharmaciens des 6 hôpitaux privés dont 5 sont localisés à  Bujumbura.
 

Décret du 30 septembre 1980 portant sur l’organisation de l’exercice de la pharmacie : télécharger

Cartographie des systmes d'approvisionnement et de distribution des mdicaments essentiels et autres produits de sant au Burundi, Ministère de la santé et OMS (2007) : télécharger

Un producteur local de médicaments :

La production locale des médicaments est assurée par un organisme para-étatique, l’Office National Pharmaceutique (ONAPHA). L’ONAPHA a été créé en 1979 et a fermé ses portes en 2005; c’était un établissement de droit public à  caractère industriel et commercial et placé sous la tutelle du Ministère du Commerce et de l’industrie. Il a fabriqué jusqu’à une cinquantaine de médicaments essentiels sous forme de gélule, de comprimés, de sirops et solutions à usage externe. Il a produit environ 40% des médicaments consommés au Burundi et a réalisé un chiffre d’affaires de 10 millions de francs en 2000, soit une augmentation de 19% par rapport à  1999.

La production locale est maintenant assurée par la Société Industrielle Pharmaceutique (SIPHAR) qui fabrique depuis 2002 une gamme très limitée de médicaments essentiels génériques. Un audit a été effectué dans cette industrie en janvier 2010 par les experts en la matière. Il s’agit actuellement de vérifier l’état d’exécution des recommandations faites pour s’assurer que la société peut être éligible pour l’obtention du Certificat des Bonnes Pratiques de Fabrication. Cela lui permettrait de prétendre écouler ses produits dans les pays de la Communauté Est Africaine.

Secteur pharmaceutique public ou à  but non lucratif:

Le Dépôt Central Pharmaceutique du Burundi, gérant l’approvisionnement national en médicaments essentiels, via le budget de l’Etat, a été abandonné du fait de la mise en place progressive d’une relative autonomie de gestion des hôpitaux publics, il a été décidé que l’approvisionnement devrait suivre ces mêmes nouvelles orientations. Une nouvelle structure, la Centrale d’Achat de Médicaments Essentiels du Burundi (la CAMEBU).
La CAMEBU est une Administration Personnalisée de l’Etat créée par le Décret n° 100/135 du 29 mars 2000, sous tutelle du Ministère de la Santé Publique et de la Lutte contre le Sida. Elle jouit d’une autonomie administrative et financière. Toutes les structures publiques ont l’obligation de s’approvisionner auprès de la CAMEBU. Elle est donc responsable de l’approvisionnement, du stockage et de la distribution des médicaments des 45 entrepôts publiques au niveau secondaire.
Les pharmacies de la fonction publique (auxquelles seuls les membres de la fonction publique, soit 10% de la population, ont accès) se fournissent également auprès de la CAMEBU.
Plusieurs ONG et missions religieuses, ont leurs propres centres de santé. Celles qui sont agrées par le Ministère de la Santé Publique, ont le droit de s’approvisionner auprès de la CAMEBU.

Le secteur privé non lucratif couvre près du tiers des centres de santé.

Il existe une ordonnance ministérielle n°630 /603 du 05 août 2002 portant réglementation des dons de médicaments

Distribution dans le secteur privé

Il existe des dispositions juridiques pour l’agrément des grossistes et distributeurs dans le secteur privé. Il n'existe pas de liste des grossistes ou des distributeurs certifiés BPD dans le secteur privé.

B. Politique pharmaceutique

1.Législation et réglementation des médicaments

La première ébauche de la politique pharmaceutique au Burundi a été adoptée en 1998 mais elle est restée sans suite. Le processus a été repris en 2003, en 2006 et en 2009 mais aucun de tous ces projets n’a été analysé par le Gouvernement.
Le projet de PPN adopté en 2012 tient compte du progrès et des changements qui ont eu lieu entre-temps dans le secteur sanitaire en général et le secteur pharmaceutique en particulier

La Politique Pharmaceutique nationale du Burundi : télécharger.

La législation a été élaborée il y a plus de 20 ans et n’a pas été révisée.
L’organigramme du Ministère de la Santé Publique est en train d’être réexaminé pour créer la Direction de la Pharmacie.
Il n’existe pas de contrôle de qualité des matières premières ni des médicaments importés.
Les conditions d’ouverture et de fermeture des établissements pharmaceutiques sont contenues dans le Manuel de Standardisation des Procédures d’Inspection et d’Agrément des Structures de Santé qui a été validé en 2004.

Il existe un Ordre National des Pharmaciens du Burundi (ONPB) créé par le décret n°100/58 du 12 mai 1999. En tant qu’organe consultatif du Ministre de la Santé Publique et de la Lutte contre le Sida, l’ONPB joue un rôle important dans l’organisation de l’exercice de la pharmacie. Ses missions sont définies dans le décret de sa création. Elles concernent spécialement le respect de la déontologie et de l’éthique professionnelle, la défense de la dignité et de l’indépendance de la profession pharmaceutique.

2.Sélection des médicaments et des produits pharmaceutiques

La première liste nationale des médicaments essentiels a été élaborée en 1977 et elle a été mise à  jour plus ou moins regulièrement. La révision d’août 1990 a introduit la présentation avec stratification de la liste selon les différents niveaux de soins.
La révision est effectuée par une commission technique ad hoc nommée par le Ministre ayant la santé dans ses attributions et composée essentiellement de médecins spécialistes et de pharmaciens prestant dans différentes institutions sanitaires. Son travail est suivi par la tenue d’un atelier de validation réunissant tous les partenaires impliqués dans le domaine des soins médicaux. La liste ainsi obtenue est signée par le Ministre ayant la santé publique dans ses attributions et publiée. Elle est établie sous dénomination commune internationale, doit servir de base dans les approvisionnements du secteur public.

La liste nationale des médicaments essentiels 2012 : télécharger

Guide des stratégies “Plainte - traitement” 2012 : télécharger

Shéma de traitement avec les ARV : 2010 : télécharger
Traitements antirétroviraux au Burundi, 2008, Anaclet BAZA

Enquête sur les Indicateurs du Paludisme 2012 : télécharger

3.Coût des médicaments et politique des prix

Au Burundi, il n’existe pas de cadre légal global de fixation et de contrôle des prix des produits pharmaceutiques en général et des médicaments en particulier. Pourtant, les produits pharmaceutiques et les équipements médicaux bénéficient d’un allégement des taxes par rapport aux autres produits.

En effet, mise à part la redevance administrative de 0,5% payée à la douane, les médicaments sont exonérés de tous droits et taxes par la loi n°1/2 du 30 juin 2000 et par l’ordonnance ministérielle n°540/708/2009 du 02/06/2009 portant mesures d’application de la loi n°1/02 du 17 février 2009 portant institution de la taxe sur la valeur ajoutée « TVA ».

Dans le cadre de la mise en oeuvre de la réforme du secteur de la santé, le Ministère de la Santé Publique et de la Lutte contre le Sida a fixé des marges bénéficiaires applicables dans les formations sanitaires publiques par la décision ministérielle n° 630/1360/2009 comme suit :

1. la CAMEBU applique à ses clients une marge bénéficiaire de 15% sur le prix d’achat ;

2. les districts sanitaires appliquent aux hôpitaux et les centres de santé une marge bénéficiaire de 5% sur le prix d’achat à la CAMEBU ;

3. les hôpitaux de district et les centres de santé appliquent aux bénéficiaires une marge de 10% sur le prix d’achat dans la pharmacie de district.

Cela montre que les prix sont réglementés au niveau des formations sanitaires publiques dépendant de ce Ministère.

Dans le secteur privé et confessionnel, les prix et les marges bénéficiaires ne sont pas réglementés. Les prix sont très variables et très élevés par rapport à leur prix de revient dans les stocks des importateurs. C’est pourquoi, il y a urgente nécessité de mettre en place un mécanisme de fixation et de contrôle des prix des médicaments dans le secteur privé. Cela passera par la nomination d’une commission permanente dont les membres proviendront des ministères concernés et dont la mission principale consistera à proposer des mécanismes de fixation et de respect des marges bénéficiaires standards applicables à ces produits dans tous les secteurs par tous les acteurs.

Rapport 1 : Enquête sur la disponibilité et les prix des médicaments au Burundi 2014, Ministère de la santé et OMS : télécharger
Rapport 2  Enquête sur la disponibilité et les prix des médicaments au Burundi 2014, Ministère de la santé et OMS, étude de cas : Les composantes des prix des médicaments : télécharger
Edouard Niyonizigiye, Etude de l’impact de la détaxation des produits pharmaceutiques sur le consommateur burundais
, février 2001, 52 pages.

4. Lois sur la propriété intellectuelle et médicaments

Le Burundi est membre de l’Organisation mondiale du Commerce. Il n'existe pas de dispositions juridiques pour l’octroi de brevets aux fabricants.

La législation nationale a été modifiée pour mettre en oeuvre l’accord sur les ADPIC et prévoit des flexibilités et mesures de sauvegarde spécifiques prévues au titre de l’Accord sur les ADPIC,. Le Burundi remplit les conditions requises pour la période de transition jusqu’en 2016.

5. Usage des médicaments et informations pharmaceutiques

Il n’existe pas de centre d’information sur le médicament, ni de publication de journaux pharmaceutiques indépendants, ni de comités thérapeutiques dans les grands hôpitaux
Il n’existe pas de publication médico-pharmaceutique indépendante.
Il existe des campagnes d’information et d’éducation du public sur les MEG.

Pour en savoir plus!

Ministère de la santé publique
M. Déograias Niyonzima, pharmacien inspecteur
BP 1820 Bujumbura Burundi
tel 257 22 51 67 fax: 257 22 91 96

Direction de la Pharmacie
M; Bamenyekanye
BP 1856 Bujumbura, Burundi
 

CAMEBU
M. Barnabé RIHANDA, directeur général
BP1332 Bujumbura, Burundi
tel 00257 22 23 63 15/22 27 66 03/poste 102


ASSOCIATION BURUNDAISE DES CONSOMMATEURS
ABUCO asbl, M. Nestor BIKORIMANA,
BP 6492 Bujumbura, Burundi

Sources :

Données de la Banque Mondiale : http://donnees.banquemondiale.org/pays/burundi
Statistiques mondiale OMS : http://apps.who.int/iris/bitstream/10665/112738/1/9789240692671_eng.pdf?ua=1

Profil pharmaceutique du Burundi, Ministère de la santé et OMS, 2011 : télécharger

 

   Nous contacter         Qui sommes-nous?         Carnet d’adresses         Agir avec nous

réseau médicaments et développement

 

! Toutes les données de ce site sont en libre accès sous réserve d’en citer  la source en cas d’utilisation.