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Mise à jour :  19/05/11

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Politique pharmaceutique du Bénin

 
Fiche d’identité du Bénin
 
Les protocoles thérapeutiques pour le traitement du VIH/sida au Bénin, 2006, Dr Abdel Aziz FAGBEMI protocoles traitement VIH Bénin
 
Superficie: 112 622 km²
Population : 6,32 millions en 2000 / 8 439 000 en 2004
Taux de croissance de la population : 2,9% entre 1975 et 1999
Population urbaine : 41,5% (1999)
Espérance de vie à la naissance : 53,6 ans [femme:55,4/homme:52] (1999) / 53 ans (2004)
PIB PPA (Parité du Pouvoir d’Achat)par habitant: 933
Taux annuel d’inflation : 4,7%
Dette extérieure : 1.594 millions $US (1996)
Aide officielle au développement, nette, de tous les bailleurs de fonds :
- 293 millions $US (1996)
- par habitant : 52 $US (1996)
Aide Publique au Développement, nette : 210.8 millions de $ en 1999
Aide Publique au Développement par habitant: 34.5
 
Le système de santé
 
Taux de mortalité des moins de 5 ans: 156 °/oo (1999)
Taux de mortalité infantile: 99 °/oo (1999) / 152 %o (2004)
Taux de mortalité maternelle : 500 pour 100 000 (1999)
Taux brut de natalité: 45.4 °/oo (1998)
Indice de fécondité: 6.07 °/oo (1998)
Prévalence VIH/sida chez les adultes : 77 000 en 2005
Nombre de prescripteurs : 6 médecins pour 100 000 habitants (1999) / 3,7 médecins pour 100 000 habitants (311 médecins en 2004)
Nombre d’infirmiers : 5789 en 2004
Nombre de chirurgien-dentistes : 12 en 2004
Nombre d’habitants/lit hospitalier: 4281 (1990-94)

Dépense publique de santé: 7 milliards de Fcfa, soit 1.6% du PIB (1998)
Aide internationale dans le domanie de la santé: 10.64 milliards de Fcfa (1998)
Dépense nationale de santé: 12.112 milliards de Fcfa (1998)
La population féminine représente 51% . La pyramide de la population béninoise a une base très large et un sommet rétréci, caractéristique des populations jeunes à forte fécondité avec une mortalité élevée. La distribution démographique par âge révèle que prés de 50% de la population a moins de 15 ans. 
 
Le système sanitaire du Bénin est organisé selon une structure pyramidale à trois niveaux:

- Le niveau central ou national est représenté par :
Le Ministère de la Santé publique qui, avec ses différentes directions centrales et technique oriente la politique de l'Etat
Le Centre National Hospitalier et universitaire , structure de référence nationale où sont développées toutes les spécialités médicales ainsi que les activités de recherche et de formation.
- Le niveau intermédiaire ou départemental représenté par:
La Direction Départementale de Santé Publique qui représente le Ministère au niveau  départemental.
Le Centre Hospitalier départemental, structure de référence au niveau départemental où sont développés essentiellement les services de médecine interne, de pédiatrie, de chirurgie ainsi que les spécialités courantes.
- Le niveau périphérique ou sous préfectoral et communal :
Les hôpitaux de zones, structures de référence au niveau périphérique
Les centres de santé de sous préfecture, (hôpitaux de district.)
Les complexes communaux de santé où sont dispensés les soins de santé primaires.
Les unités villageoise de santé, premier niveau de soins.
Nombre de prescripteurs : 2622 (1998)
 
Budget de fonctionnement prévisionnel 2000 du Ministère de la Santé : 16.5 milliards de Fcfa. A cela vient s'ajouter des financements internes de projet pour un montant de 2.7 milliards et des financements externes de projet de 14.3 milliards. Le total de la dotation budgétaire 2000 du Ministère de la Santé est ainsi de 33.6 milliards de FCFA. La part de la Santé dans le budget national était de 6.72% en 1998.
Il existe une faculté des sciences de la santé et un institut de santé publique pour les médecins. Un enseignement de pharmacie vient de se mettre en place. Il y a actuellement 14 étudiants boursiers. Un institut National Médico-social comprend quatre écoles et forme les infirmiers, les sages-femmes, les aides sociaux et les techniciens de laboratoire.
 
Les infrastructures sanitaires comprennent (SNIGS, 1997):
- 493 formations sanitaires dans le secteur public et 580 formations sanitaires dans le secteur pivé.
- 2880 lits dans le secteur public et 1093 lits dans le secteur privé. (15 centres privés du diocèse dans l' Atlantique).
- 3495 lits de maternité dans le secteur public.
Au niveau central, le CNHU (Centre National hospitalier et Universitaire).
Au niveau intermédiaire, cinq centres Hospitaliers Départementaux. C'est ce qui est entrain de changer avec le nouveau découpage administratif et sanitaire.
Il y a beaucoup de structures confessionnel. Catholiques, Protestants, Islamiques mais aussi Assemblée de Dieu, Evangélistes, Christianisme Céleste... A Cotonou, 15 structures appartiennent au Diocèse.
 
Le personnel de santé (SNIGS 1997):
- 357 médecins dans le secteur public et 192 médecins dans le secteur privé.
- 200 pharmaciens dont 26 dans le secteur public.
- 1331 infirmiers dans le secteur public et 248 infirmiers dans le secteur privé.
- 502 sages-femmes diplômées d'Etat dans le secteur public et 74 sages-femmes dans le  secteur privé.
- 249 techniciens de laboratoire dans le secteur public.
Soit 1 médecin pour 11 472 hbts, 1 infirmier pour 3759 hbts et 1 sage-femme pour 10 945 hbts
 
Les 10 principales causes de morbidité sont:
1. Le paludisme: 34 % des consultations.
2. Les affections respiratoires aigües: 16 % des consultations.
3. Les affections gastro-intestinales/ 8 % des consultations.
4. les diarrhées: 7 % des consultations.
5. Les traumatismes: 6% des consultations.
6. Les anémies/ 4% des consultations.
7. Les affections dermatologiques/ 3.8% des consultations.
8. Les affections Urogénitales: 2% des consultations.
9. Les conjonctivites: 1.6% des consultations.
10. Les affections cardiovasculaires: 1.6% des consultations.
Les maladies sexuellement transmissibles et le VIH ont une incidence de 3.4% , mais sont sans cesse croissantes. 
Affections épidémio endémique:
* Paludisme en saison sèche (Juillet-Août et Novembre-Mars)
* Choléra en saison des pluies
* Méningite de Novembre à Mars.
* Bilharziose, onchocercose, lèpre, Ver de Guinée, Ulcère de Buruli et Tuberculose sont présents.
 
Participation et financement communautaires
 
La participation communautaire à travers le financement communautaire , est un élément essentiel de fonctionnement du système de santé Béninois. Elle est gérée par le COGES lorsqu'il s'agit d'une sous-préfecture et le COGEC lorsqu'il s'agit d'une commune.
Quatre indicateurs sont régulièrement utilisés pour évaluer le financement communautaire.
- Le taux de recouvrement.
- La marge bénéficiaire.
- Le coût moyen par cas.
- La recette moyenne par cas. 
La recette 1998 est de 2.1 milliards de Fcfa avec un taux de recouvrement de 1.04 et une recette moyenne par cas de 1080 FCFA.
 
Le secteur pharmaceutique
 
A. Données générales
 
1.Données économiques (1998)
 
- Dépenses publiques en médicaments :1,6 milliards de Fcfa
- Valeur totale de l’aide internationale en médicaments: 2 milliards de Fcfa
- Valeur de la production pharmaceutique nationale (prix départ usine) : 1,5 milliards de Fcfa
- Valeur totale des importations de médicaments (prix CIF) : 8 milliards de Fcfa
Exportations pharmaceutiques françaises en Afrique francophone (milliers de francs)
 

 

1991

1992

1993

1994

1995

1996

1997

1998

1999

2000

2001

Milliers de FF

72821

75007

105623

54510

62366

73217

103838

109414

116210

188877

144691

 
2.Ressources humaines
 
> 200 pharmaciens, dont 26 dans le secteur public, en 1998
> 173 pharmaciens en 2004
 
3.Organisation du secteur pharmaceutique
 
Secteur pharmaceutique privé:
 
Evolution du nombre de points de vente, de grossistes et d’industries dans le secteur pharmaceutique privé:
 

 

1973

1988

1990

1992

1994

1998

2004

pharmacies

24

76

80

82

86

120

146

dépôts

 

122

200

231

229

240

260

Total

24

198

280

313

315

260

306

Nb grossistes

GNPB

GAPOB

 

5

5

5

 

Nb industries

 

2

 

2

 

2

 

 
* Quatre grossites-répartiteurs : GAPOB, PROMOPHARMA, SOPHABE et UBEPHAR
* Trois industries pharmaceutiques :

- Biobénin, créée en 1984, capital privé béninois (99,917%) et Bioluz (0,083%) fabrique des solutés massifs pour perfusion (Production 1999: 1 million de flacons pour un chiffre d'affaire de 364 millions).

- Pharmaquick créée en 1985, capital privé béninois (production de 1,5 milliards de comprimés) fabrique des génériques sous forme comprimés.
Chiffres d’affaires : 2 milliards de Fcfa (1997)
75 molécules sous noms génériques .

- Sopab. Fait des objets de pansement, dont une partie pour l'exportation.
* 127 officines et 249 dépôts pharmaceutiques.
 
Secteur pharmaceutique public ou à but non lucratif
 
CAME (Centrale d’Achat en Médicaments Essentiels) est une structure d’achat et d’approvisionnement, association à but non lucratif, qui vend des médicaments essentiels génériques aux formations sanitaires publiques et aux associations à but non lucratif. Elle est dirigée par un bureau de 11 membres élus qui sont les représentants des départements. Son chiffre d’affaires en 1997 s’élevait à 2,2 milliards de Fcfa et 2 372 014 074 Fcfa en  1998. Elle vend aussi au privé et aux autres grossistes.
Il existe une petite unité de reconditionnement à l'essai.
Budget 1999: 2 527 192 584 CFA
B. Politique pharmaceutique
 
Orientations principales de la politique pharmaceutique nationale de 1991:
 
La politique Pharmaceutique Nationale a été élaborée en 1991 en s'appuyant sur les recommandations de l'Initiative de Bamako à laquelle le Bénin a souscrit en 1987. Cette politique qui a pour objectif global de garantir la disponibilité et l'accessibilité des médicaments essentiels à toute la population, d'assurer la qualité des produits pharmaceutiques circulant sur le marché national et d'en promouvoir l'usage rationnel avec plusieurs axes d'interventions notamment:
1. le développement des ressources humaines.
2. La promotion des médicaments essentiels sous nom générique.
3. La mise en place d'un Comité National Pharmaceutique chargé de traiter des questions relatives à  l'assainissement du sous secteur pharmaceutique.
4. Contrôle de l'information pharmaceutique et des activités promotionnelles relatives aux médicaments.
5. Education pour la santé et promotion de l'usage rationnel du médicament.
6. Lutte contre la vente illicite des médicaments et l'automédication abusive.
7. Renforcement des textes législatifs et réglementaires adaptés aux réalités économiques.
8. Promotion du financement communautaire et du recouvrement des coûts.
9. Renforcement de la coopération pharmaceutique inter-étatiques .

Cette politique pharmaceutique a été matérialisée par un Plan Directeur Pharmaceutique National et un Plan d'Action Prioritaire Triennal.
 
Bilan de cette politique national de Novembre 1999:
 
1. Législation et réglementation des médicaments
 
Il existe une direction des pharmacies et des laboratoires.
Un travail de recensement , d'analyse et de propositions de projets de textes législatifs et réglementaires a été accompli. Plusieurs textes législatifs et réglementaires ont été adoptés . Un recueil de ces textes a été publié en avril 1999. 
 
2. Sélection des médicaments et des produits pharmaceutiques
 
La République du Bénin s'est dotée depuis 1989 d'une liste Nationale de Médicaments Essentiels sous nom Génériques par classe thérapeutique et par niveau de soins. Elle concerne 160 molécules. Cette liste, qui a fait l'objet d'une vulgarisation au niveau du secteur public, est largement utilisée dans les formations sanitaires. Cependant, elle est peu diffusée dans le secteur privé. Elle est révisée tous les deux ans (la dernière édition est de 1997). Un formulaire national des médicaments de la liste nationale a été élaboré et mis à la disposition des prescripteurs dans les formations sanitaires.
Un document d'ordinogramme relatif aux principales affections a été élaboré, adopté et vulgarisé auprès des prescripteurs. Cependant, son utilisation dans la pratique quotidienne reste limitée.
Un décret portant enregistrement des médicaments a été élaboré en 1997, mais une procédure allégée n'a pas été prévue pour les produits génériques qui constituent aujourd'hui la plus grande partie des médicaments enregistrés. Le système d'enregistrement a été informatisé. La Commission Technique d'Enregistrement se réunit avec régularité et efficacité quatre fois par an.
Beaucoup d'activités de médecine et de pharmacopée traditionnelles ont été réalisées. Cependant l'utilisation des médicaments traditionnels dans le système national de santé reste faible.
 
3. Approvisionnement
 
* dans le secteur public:
La CAME s’pprovisionne en médicaments sous DCI par appel d’offre restreint après pré-sélection des fournisseurs. Il existe un système de suivi des fournisseurs. Des échantillons sont envoyés au laboratoire de contrôle de qualité de Niamey (Niger).
Un premier contrôle physico-chimique est effectué à Cotonou.
750 formations sanitaires publiques et privées à but non lucratif bénéficient de ses prestations.
La CAME ne dispose pas de succursales départementales de distribution, ni de logistique pour assurer les livraisons. Il y a encore trop souvent des ruptures de stock.
Le volume des commandes annuelles effectuées par la CAME est estimé à 60% du volume total des médicaments au Bénin.
Un quart des commandes est effectué auprès des fabriquants locaux qui participent aux  appels d'offre au même titre que les concurrents extérieurs.
Dans les textes, ils ne bénéficient pas de la préférence régionale.
* dans le secteur privé:
L'approvisionnement et la distribution du médicament par le secteur privé sont surtout assurés par quatre grossistes répartiteurs privés ( GAPOB, SOPHABE, PROMOPHARMA, UBPHAR) et à un degré moindre par la CAME.
* dans le secteur confessionnel et les ONG:
Ce secteur échappe aux dispositions réglementaires. Le Bénin n'a pas encore édité de normes en matière de dons de médicaments. Cela s'ajoute aux trafics divers du marché parallèle et vient perturber toute tentative de bonne gestion prévisionnelle.
* dans le secteur informel:
Le marché parallèle a pris une ampleur inquiétante. Il est estimé à un quart du marché des médicaments. Un plan d'action de lutte a été adopté par le Conseil des Ministres.Des actions de sensibilisation et d'éducation ainsi que la répression ont été entreprises. Les enlèvements de médicaments au niveau douanier sont désormais soumis à la présentation d'une autorisation délivrée par la Direction des Pharmacies et des Laboratoires.
 
4. Gestion des médicaments
 
La plupart des structures sanitaires et pharmaceutiques urbaines disposent de quelques outils de gestion . En périphérie, le personnel de dispensation ou agent chargé de la gestion des stocks n'est ni qualifié, ni formé en la matière. Ils n'appréhendent pas l'importance, ni la nécessité de remplir des fiches de stocks et de surveiller les dates de péremption et les conditions de conservation. Les conséquences sont souvent les ruptures fréquentes de stock, les altérations , les vols et les pertes des médicaments.
 
5. Assurance qualité
 
Un Laboratoire de Contrôle Qualité des Médicaments de niveau 1 vient d'être construit. Il sera bientôt fonctionnel pour appuyer la Commission Technique d'Enregistrement, les inspections et les structures d'approvisionnement en matière d'Assurance Qualité.
Au niveau de la CAME, dans le cadre des appels d'offres, le contrôle qualité est effectué dans le laboratoire régional de Contrôle Qualité de Niamey. Ce contrôle reste absent dans le secteur privé.
La Direction des Pharmacies et des Laboratoires dispose d'un service d'Inspection qui  fonctionne de façon irrégulière par manque de ressources humaine (un pharmacien), matérielle et logistique.
 
6. Usage rationnel
 
L'utilisation rationnelle des médicaments connaît beaucoup de problèmes au niveau de la prescription, de la dispensation et de l'observance des traitements. Les prescriptions irrationnelles sont courantes en raison d'un manque de formation et d'information des prescripteurs, des dispensateurs et du public.
 
7. Développement des ressources humaines
 
26 pharmaciens travaillent dans le secteur public dont la majorité rside à Cotonou.
Dans le privé, il y a une grande disparité. Une pharmacie pour 12 000 hbts dans l'Atlantique,  une pour 400 000 hbts dans l'Atacora. 45% des pharmacies sont à Cotonou.
 
8. Financement et politique des prix des médicaments
 
9. Politique des prix
 
- Au niveau du secteur public les prix de cession des médicaments ont été gelés depuis la dévaluation du FCFA. Un système de compensation des pertes a été mis en place à titre de subvention des partenaires au développement aux formations sanitaires. La CAME est passée à la réalité des prix en juin 1998. La marge est actuellement de 12% appliqués au prix de revient.
- Au niveau des formations sanitaires qui pratiquent le recouvrement des coûts, le système de tarification n'est pas uniforme et les tarifs varient d'une formation à l'autre. Un coefficient moyen de 2.5 est appliqué sur le prix d'achat à la CAME.
- Au niveau du secteur privé, les prix des médicaments sont homologués.
Pour les spécialités de référence, les marges sont appliquées au prix de revient qui correspond au Prix grossiste hors taxe multiplié par un coefficient unique: 1,61 réparti en 12,5% pour la marge du grossiste et 27 % pour la marge de l'officine.
Pour les produits génériques, le système de rémunération est identique à celui des spécialités. Il est envisagé un système incitatif pour l'introduction du générique dans le secteur privé.
 
Sources :
Rapport mondial sur le développement humain 2001, PNUD
Rapport mondial sur la santé 2006, OMS
Ordre national des pharmaciens du Bénin
 

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