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Deidia Diallo, Présidente de l’APSAN, répond à nos questions sur: le rôle du pharmacien africain
ReMeD: Tous les ans dans un pays d’Afrique, plusieurs centaines de pharmaciens se rencontrent à l’occasion d’un forum pharmaceutique. Comment est née cette initiative?
Deidia Diallo: Nous nous sommes rendus compte qu’en Afrique nous n’avons pas les mêmes préocupations que les pharmaciens européens. Le forum pharmaceutique est né de la nécessité de se retrouver pour discuter de nos problèmes en tant que pharmaciens. Au tout début, en 1998, il s’agissait d’une rencontre inter-ordres, puis les syndicats, les centrales d’achat et les associations ont pu y participer. Ce forum nous permet de mener une réflexion en profondeur sur les multiples problèmes que nous rencontrons et de définir des lignes directrices pour la profession. En tant qu’acteurs directement confrontés à des réalités qui sont celles de l’Afrique, le forum nous permet avant tout de nous approprier la réflexion et les décisions qui sont prises en son sein.
R. : Ce forum est donc réservé aux pharmaciens africains...
D.D : Non, il faut l’élargir. L’intérêt est de pouvoir échanger avec des personnes venant du monde entier. Il s’agit bien d’un forum de rencontres. Il serait même intéressant d’élaborer un fitback de tout ce qui a pu se dire dans chaque forum...
R. : Le forum a-t-il déjà permis des avancées politiques?
D.D : Chaque fois que le forum a été réalisé dans un pays, les autorités de ce pays ont été amenées à prendre conscience de l’ampleur des problèmes. Mais le relais doit aussi se faire par nous, les pharmaciens, qui devront être à la hauteur de ce que nous demandons, de respecter et mettre à exécution les engagements pris.
R. : Que peut-on attendre aujourd’hui des pharmaciens africains?
D.D : Ils doivent être bien informés, bénéficier d’une formation continue importante, s’impliquer dans les problèmes de santé publique et jouer pleinement leur rôle sans qu’une tierce personne vienne le faire à leur place.
R. : Que préconisez-vous pour améliorer la formation des pharmaciens?
D.D : La communication et le rôle thérapeutique du pharmacien par exemple devraient être intégrés dans l’enseignement des étudiants en pharmacie. Par la suite, les pharmaciens devraient pouvoir s’organiser pour faire de la formation continue et en appliquer les enseignements.
R. : Une plus forte implication des pharmaciens d’officine dans les problèmes de santé publique demande-t-elle la mise en place de mesures au niveau de la législation nationale des pays?
D.D : Oui, cela nécessite de prendre des mesures aux niveaux local et sous-régional. Il faut travailler dans ce sens et également voir comment organiser les systémes de distribution.
R. : Vous avez été Présidente de l’Ordre des pharmaciens du Mali. Quelles sont vos activités dans le domaine aujourd’hui?
D.D : Je suis maintenant Présidente de l’APSAN (Association pour la Promotion de Santé). Cette association regroupe des professionnels de la santé de différentes professions. Cette pluridisciplinarité à l’avantage d’apporter une concertation intéressante sur les problèmes de santé publique.
[Le forum pharmaceutique 2006 aura lieu les 1,2 et 3 juin à Brazzaville]
Propos receuillis par M.Chosseler.
Précédemment dans cette rubrique:Jean-Yves Videau : la qualité des médicaments (août 2006)Daouda Touré : la stratégie de lutte contre le marché illicite de médicaments au Mali (novembre 2005) |