... en Afrique, zone Franc cfaaccueil

Politiques pharmaceutiques nationales :
 formulation, mise en Å“uvre et suivi

Réunis à Douala par OMS, OMS/AFRO du 10 au 15 mai 1999, les directeurs des services pharmaceutiques de 22 pays[1] d’Afrique francophone et lusophone ont présenté un état de la situation de la mise en œuvre de leur politique pharmaceutique nationale. En 1998, les pays d’Afrique anglophone avaient été invités à effectuer les mêmes travaux.

 C’est en 1976 que le concept de développement des politiques pharmaceutiques nationales (PPN) a été développé et en 1994 seulement que fût publié l’adaptation des directives de l’OMS pour la formulation des PPN pour la région Afrique. Ainsi, dès 1991, le Bénin formulait sa PPN, suivi en 1993 par l’élaboration d’un plan directeur pour faciliter sa mise en Å“uvre. En 1992, 22 pays de la région Afrique avaient une PPN écrite, chiffre qui s’élève à 33 en 1999[2] . Sur 21 pays d’Afrique francophone et lusophone, 19 ont formulé leur PPN.

 Si la plupart des pays (Angola, Bénin, Burkina-Faso, Burundi, Centrafrique, Guinée Conakry, Mali, Niger, Tchad, Togo) ont adopté leur PPN, pour d’autres (Cameroun, Comores, Gabon, Guinée Bissao, Guinée Equatoriale, Madagascar, Mauritanie, RCI, RDC) leur politique ou leur plan directeur est en cours d’élaboration ou existe sous forme de projet. Le Cap-Vert et Sao-Tomé n’ont pas actuellement de politique pharmaceutique formulée.

 En matière de réglementation de nombreux pays (Cameroun, Cap Vert, Comores (1998), Gabon, Guinée Conakry, Guinée Equatoriale, Madagascar, Mali, Niger, Togo) ont effectué la révision de leur législation depuis moins de 10 ans. D’autres (Angola, Bénin, Burundi[3],  Centrafrique (en cours), Mauritanie, Tchad, Sao Tomé et Principe) utilisent des législations anciennes, non réactualisées.
 

 FORMULATION ET MISE EN Å’UVRE DE LA PPN

Les facteurs ayant motivé les pays à formuler leur politique

La dévaluation du Fcfa, plus que tout autre événement, a poussé les gouvernements à mettre en place des politiques pharmaceutiques. Les pressions et soutiens des bailleurs de fonds et celles des principaux acteurs du secteurs pharmaceutiques d’un côté, la capacité de financement de la population s’étant réduite considérablement de l’autre, il s’agissait de trouver de façon consensuelle les grandes lignes des réformes pharmaceutiques à mettre en place. 

Les facteurs de succès

De l’avis des participants de cet atelier, la PPN doit être une composante de la politique nationale de santé et sa mise en Å“uvre doit être soutenue par une volonté politique sans relâche. Il est par ailleurs conseillé de commencer sa mise en Å“uvre avec les activités les plus faciles afin de s’assurer du succès dès le début et d’utiliser largement l’expertise nationale. 

Les facteurs limitant la mise œuvre

Entre autres facteurs, les participants ont retenu
-        le manque d’appui politique
-        la non intégration dans une politique nationale de santé
-        l’absence d’une administration pharmaceutique dans certains pays
-        le manque de ressources humaines à la DSP (salaire non incitatif)
-        l’absence d’appui financier et technique pour la mise en Å“uvre des PDP
-        l’insuffisance d’application des textes législatifs
-        la mauvaise connaissance de l’existence de la PPN dans le pays

  Le processus de formulation d’une PPN est complexe et fait intervenir de nombreux acteurs selon les différentes étapes :
1.         Création d’un groupe de travail  
2.         Analyse de la situation du secteur pharmaceutique
3.         Elaboration d’un avant-projet
4.         Distribution de l’avant-projet
5.         Séminaire national d’adoption
6.         Finalisation du document de PPN
7.         Approbation officielle de la PPN
8.         Publication et lancement public de la politique

 Les participants, s’appuyant sur l’expérience des pays ayant récemment formulé leur PPN ont proposé d’amendé le Guide de formulation et de mise en Å“uvre d’une politique pharmaceutique nationale et d’un plan directeur pharmaceutique national rédigé par des experts de l’OMS en 1994.

 Seuls 5 pays (Bénin, Guinée, Niger, Tchad et Mali) sur les 21 présents ont utilisé les indicateurs proposés par l’OMS pour le suivi de leurs politiques pharmaceutiques nationales. Les participants ont rejeté ou proposé à la reformulation une trentaine d’indicateurs sur les 129 proposés par l’OMS.

Une politique pharmaceutique nationale (PPN), un engagement pour :
- la mise en place d’une législation et d’une réglementation pharmaceutiques appropriées,
- la sélection des médicaments essentiels et l’amélioration de la procédure d’homologation,
- le maintien d’une part significative du budget de la santé pour les médicaments et la mise sur pied d’une politique de financement pertinente dans le secteur public,
- l’amélioration des procédures d’achat de médicaments dans le secteur public,
- le renforcement de la logistique et de la distribution des médicaments dans le secteur public,
- la mise en place d’une politique des prix des médicaments, tant pour le secteur public que pour le secteur privé,
- la valorisation de l’information et des programmes de formation continue sur l’usage des médicaments.
Indicateurs pour le suivi des politiques pharmaceutiques nationales, WHO/DAP/94.12


[1] Angola, Bénin, Burkina-Faso, Burundi, Cameroun, Cap-Vert, Comores, Côte d’Ivoire, Gabon, Guinée-Bissau, Guinée, Guinée Equatoriale, Madagascar, Mali, Mauritanie, Niger, Rép. Centrafricaine, Rép. Démocratique du Congo, Sao Tomé et Principe, Tchad et Togo.
[2] Réunion régionale sur la formulation, la mis en œuvre et le suivi des politiques pharmaceutiques nationales pour les pays d’Afrique francophones et lusophones d’Afrique, Douala, Cameroun, du 10 au 15 mai 1999, OMS/AFRO
[3] réglementation lacunaire et nécessite une mise à jour, pas de texte d’application