Dons de médicaments

Dons de médicaments
Des principes pour une action efficace
 

Vous cherchez à collecter et à envoyer des médicaments à des populations démunies ?

Nous vous proposons de bénéficier de l'expérience de nombreuses associations et organisations internationales dans ce domaine.

Le médicament n'est pas un produit banal. Il peut présenter des risques pour la santé lorsqu'il n'est pas utilisé dans de bonnes conditions. C'est pourquoi tous les pays ont défini des mesures législatives et réglementaires strictes quant à sa fabrication et sa distribution en vue de protéger la santé publique. Les dons de médicaments doivent aussi répondre à des normes qui ont été rendues nécessaires par les nombreux problÚmes occasionnés par ces dons en particulier dans les situations d'urgence.

Les dons de médicaments proviennent soit de la récupération de médicaments non utilisés (MNU) issus de nos armoires à pharmacie, soit des dons de laboratoires pharmaceutiques, soit d'achats de médicaments essentiels génériques auprÚs de fournisseurs fiables.

Les pays en dĂ©veloppement ou en situation d'urgence n'ont pas les mĂȘmes besoins sanitaires que les pays europĂ©ens ; des mĂ©dicaments d'usage courant dans les pays occidentaux peuvent s'avĂ©rer inutiles voire dangereux dans ces pays.

1. Que faire de nos médicaments non utilisés ?

Nous avons beaucoup de médicaments non utilisés (MNU) dans nos armoires à pharmacie car, le plus souvent, soit nous n'utilisons pas la totalité des médicaments prescrits par notre médecin, soit le conditionnement commercialisé ne correspond pas au traitement, soit ce traitement a été modifié. L'activité de collecte des MNU prend ainsi naissance dans le gaspillage des médicaments en France.
 
Les MNU doivent ĂȘtre rapportĂ©s chez le pharmacien pour ĂȘtre traitĂ©s par Cyclamed, une organisation créée par l'industrie pharmaceutique pour la collecte des mĂ©dicaments et de leurs emballages. Leur destruction non polluante sauvegarde l'environnement et produit de l'Ă©nergie. Ce n'est pas le cas lorsque nos mĂ©dicaments sont Ă©vacuĂ©s avec les ordures mĂ©nagĂšres.
 

2. Peut-on faire des dons de médicaments ?

Les donateurs sont en général bien intentionnés, mais rarement conscients des inconvénients et des conséquences indésirables que peuvent avoir leurs dons pour les bénéficiaires.

Si vous n'ĂȘtes pas professionnel de la santĂ© ou si vous ne connaissez pas exactement les besoins des populations que vous souhaitez aider, il est inutile de vous lancer dans cette activitĂ© car la bonne volontĂ© ne peut remplacer la compĂ©tence dans un domaine aussi sensible que celui de la santĂ©.

Si vous ĂȘtes professionnel de la santĂ© (mĂ©decin, pharmacien) vous devez faire un don utile en tenant compte des besoins des bĂ©nĂ©ficiaires.


Encadré 1 : Audit de la qualité des dons en Albanie

L'OMS a rĂ©alisĂ© un audit en mai 1999 sur les dons fait en Albanie  :

  • 50% des mĂ©dicaments reçus au moment de l'afflux de rĂ©fugiĂ©s kosovars Ă©taient inadĂ©quats ou inutiles et devaient ĂȘtre dĂ©truits ;
  • 4000 comprimĂ©s, 1200 flacons de perfusion, 16 000 tubes de pommade Ă©taient pĂ©rimĂ©s avant d'arriver dans le pays ;
  • deux millions de comprimĂ©s et 85 000 flacons pour injection Ă©taient pĂ©rimĂ©s avant la fin de l'annĂ©e ;
  • la moitiĂ© des listes de colisage ne mentionnaient que des noms de marque dont la plupart Ă©taient inconnus des professionnels de la santĂ© locaux.


  • Selon L'OMS, la destruction des mĂ©dicaments inutilisables et/ou pĂ©rimĂ©s dans les pays bĂ©nĂ©ficiaires posent de nombreux problĂšmes techniques et financiers et doit ĂȘtre Ă©vitĂ©e.

    EncadrĂ© 2 :  CoĂ»t d'incinĂ©ration Ă  haute tempĂ©rature des mĂ©dicaments non utilisĂ©s
    Selon l'OMS  :
    * la solution idéale pour éliminer les médicaments est l'incinération à haute température (plus de 1200 °C) ;
    * des installations d'incinération adaptées, dotées de systÚmes satisfaisants de dépollution existent presque uniquement dans le monde industrialisé
    * les évaluations du coût de l'élimination par cette méthode des déchets pharmaceutiques en Croatie et en Bosnie-Herzégovine sont de l'ordre de 2,2 à 4,1 dollars/kg : l'incinération du stock actuel de produits pharmaceutiques non utilisés en Croatie coûterait donc entre 4,4 et 8,2 millions de dollars.

    Les principaux défauts reprochés aux médicaments nons utilisés (MNU) donnés sont de :

    - mal répondre aux besoins réels des populations destinataires (en qualité, en quantité, etc.) ;

    - ne pas respecter les politiques pharmaceutiques locales et plus particuliÚrement les listes nationales de médicaments essentiels, les traitements standardisés nationaux, les rÚgles locales d'importation et de distribution des médicaments ;

    - concurrencer les circuits locaux de distribution pharmaceutique en ne respectant pas la politique tarifaire en vigueur dans le pays (si le pays bĂ©nĂ©ficiaire a mis en place des modalitĂ©s de participation des populations aux coĂ»ts, les mĂ©dicaments offerts ne devraient pas ĂȘtre distribuĂ©s gratuitement) ;

    - aller à l'encontre des efforts de gestion faits pour administrer les stocks de médicaments de maniÚre rationnelle ;

    - ĂȘtre souvent inconnus des professionnels locaux ;

    - ne pas toujours correspondre aux normes de qualitĂ© en vigueur dans le pays donateur : ĂȘtre Ă  la limite de la date de pĂ©remption ;

    - ĂȘtre souvent accompagnĂ©s d'une information dans une langue inconnue localement ;

    - ĂȘtre conditionnĂ©s dans des emballages disparates, en quantitĂ©s insuffisantes et sous des noms de marque qui ne sont pas enregistrĂ©s dans le pays bĂ©nĂ©ficiaire et parfois sans mention de la DCI (dĂ©nomination commune internationale) ;

    - court-circuiter les systĂšmes locaux de contrĂŽle d'importation et de distribution

    - habituer les populations locales à des spécialités pharmaceutiques coûteuses
     
    - alimenter les marchés pharmaceutiques parallÚles et les ventes illicites, dans les villes comme dans les zones rurales : étals sur les marchés, boutiques ou commerces ambulants. L'éventail des médicaments proposés sur les marchés parallÚles s'élargit, leur nombre et leurs risques ne cessent d'augmenter. Les "conseils" sont donnés par des vendeurs ou des vendeuses, le plus souvent inconscients des dangers de leurs marchandises.

    Le plus grand service que l'on puisse rendre aux pays dĂ©munis en mĂ©dicaments est de ne pas les rendre dĂ©pendants de fausses solutions pour amĂ©liorer l’accĂšs aux mĂ©dicaments.


    3. Les principes directeurs applicables aux dons de médicaments

    Pour améliorer la qualité des dons de médicaments, l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a publié des principes directeurs qui ont été élaborés avec le concours des principales organisations humanitaires, témoins des multiples problÚmes causés par des dons inadéquats.

    Ces principes répondent à des impératifs portant sur :
    * le choix des médicaments
    * l’assurance de la qualitĂ©
    * la prĂ©sentation, l’emballage et l’étiquettage
    * l’information et la gestion

    Le texte suivant est extrait du document publié en 1999 par l'OMS .

    Encadré 3 : Les douze articles composant les principes directeurs applicables aux dons de médicaments reposent sur trois principes fondamentaux

    -le don de mĂ©dicaments doit ĂȘtre le plus utile possible au bĂ©nĂ©ficiaire. Cela suppose que tous les dons soient fondĂ©s sur les besoins exprimĂ©s et que l'on dĂ©courage les dons de mĂ©dicaments non sollicitĂ©s.

    -un don doit ĂȘtre effectuĂ© en respectant pleinement les souhaits et l'autoritĂ© du bĂ©nĂ©ficiaire, et doit ĂȘtre conforme aux politiques sanitaires et aux modalitĂ©s administratives en vigueur dans le pays.

    -il ne doit pas y avoir deux poids deux mesures en matiÚre de qualité. Si le produit ne répond pas aux normes de qualité dans le pays donateur, il ne peut pas faire l'objet d'un don.


    4. Alors comment mieux faire ?

    1. Achats de médicaments essentiels génériques

    Sous la responsabilité d'un professionnel de santé, vous pouvez acheter des médicaments essentiels génériques en respectant quelques rÚgles simples :

    ·obligation du bénéficiaire :
    - exprimer clairement ses besoins qualitatifs et quantitatifs
    - préciser son mode de gestion et ses priorités sanitaires
    - rendre compte à l'autorité de tutelle

    ·obligation du donateur :
    - respect de l'expression des besoins du bénéficiaire
    - respect des directives nationales et des procédures administratives

    Il vous faudra alors établir un contrat de confiance (charte) entre donateur et bénéficiaire. Les médicaments achetés doivent respecter la liste de médicaments essentiels en vigueur dans le pays. Sous certaines conditions vous pouvez les acheter dans des
    centrales "humanitaires" européennes.
    AprÚs réception du don, le bénéficiaire (un professionnel de santé) doit vous faire parvenir un accusé de réception à conserver.

    Vous pouvez également vous les procurer localement dans les
    centrales d'achat en médicaments génériques dans les pays d'Afrique francophone notamment ou auprÚs de l'industrie locale ou régionale : cela peut se révéler plus rentable que les importations de médicaments.
    Envoyez votre commande accompagnĂ©e d’une prĂ©sentation de votre association : cf
    fiche modĂšle

    2. Dons de produits d'hygiĂšne

    Aucun médicament ne peut suffire seul à améliorer les conditions de santé d'une population si les moyens d'une bonne hygiÚne de base ne sont pas réunis. Aussi ne faut-il pas négliger ce domaine qui peut paraßtre moins "noble" que le médicament mais qui est tout aussi utile.(exemples)

    3. Dons de dispositifs et équipements médicaux (exemples)

    Ils doivent respecter les mĂȘmes rĂšgles que les mĂ©dicaments essentiels :

    -conforme aux besoins et pratiques locales
    -date de péremption supérieure à un an,
    -matériel médical en état de marche,
    -maintenance locale possible.

    4. Contribution à la formation à l'usage et à la gestion des médicaments

    Le donateur peut contribuer Ă  la bonne utilisation et Ă  la gestion du don par :
    -un appui documentaire (ouvrages, abonnements à des revues spécialisées)
    -une formation à la gestion des médicaments et à la supervision des circuits de distribution et de financement.

    5. Des MNU de collecte dans des cas trÚs particuliers : médicaments essentiels qui n'existent pas sous forme générique

    Ce type de dons doit rester exceptionnel et encadré par des professionnels. Ils reposent sur une stratégie à court terme pour des médicaments chers pour lesquels il n'existe pas de génériques. Il s'agit de certaines spécialités récentes qui figurent sur les listes nationales de médicaments essentiels : anticancéreux, anti-rétroviraux, etc. et seulement destinés à des médecins hospitaliers.

    En conclusion

    1. Détruire vos médicaments inutilisés en les rapportant chez votre pharmacien est un bon geste pour protéger l'environnement.

    2. Informer votre mĂ©decin des mĂ©dicaments dont vous disposez lors d'une prescription ou d'un renouvellement d'ordonnance permet de faire la chasse au gaspillage.  Diminuer le gaspillage des mĂ©dicaments en France est un enjeu collectif.

    3. PrivilĂ©gier les achats de mĂ©dicaments essentiels locaux ou l’envoi de produits d’hygiĂšne.

    La tolérance aux dons nuisibles ou inutiles diminue dans les pays bénéficiaires. Certains pays, par exemple le Togo, ont défini et publié une charte des donateurs de médicaments.

    L'OMS invite ceux qui reçoivent des quantités importantes de médicaments inappropriés à en rendre compte à son Département spécialisé (encadré 4).

    Encadré 4 : L'OMS surveille la qualité des dons

    Mentionner les dons inutiles
    Toute organisation recevant des quantités importantes de médicaments inappropriés est invitée à en rendre compte au Département EDM de l'OMS . Chaque compte-rendu sera traité séparément dans la plus grande discrétion.

    Et aprÚs... si l'OMS a connaissance d'un don inadéquat, elle entre en relation avec le donateur pour que celui-ci se justifie.
    La troisiĂšme fois, le nom du donateur sera rendu public.

    Formulaire dons de médicaments à renvoyer à cette adresse medmail@who.ch

    Souscrire à la nouvelle version des Principes directeurs applicables aux dons de médicaments :

    Pour que davantage d'organismes et d'organisations s'engagent à appliquer les principes de bonnes pratiques en matiÚre de don de médicaments, un site Internet est en cours de construction. Celui-ci est destiné à toutes les organisations et à toutes les firmes pharmaceutiques souscrivant aux nouveaux Principes directeurs inter-institutions applicables aux dons de médicaments et s'engageant à les faire respecter. Les parties souhaitant que leur nom figure sur la liste des entités ayant entériné les principes sont invitées à prendre contact avec le Département Médicaments essentiels et Politiques Pharmaceutiques de l'OMS, en envoyant un message électronique à medmail@who.ch.

    Mentionner les dons particuliĂšrement utiles.
    Nous sommes tous encouragés à faire part à l'OMS de notre expérience en matiÚre de dons, et à décrire les dons que nous avons jugé particuliÚrement utiles et respectueux des besoins du bénéficiaire.


    Remerciements pour leur contribution à la rédaction de ce document :

    Philippe Bouscharain (MAE), Serge Barbereau (ReMeD), Carinne Bruneton (ReMeD), Pierre Chirac (MSF), Martine Frasnetti (PSF-CI), Anne Leroux (Pimed), Jeanne Maritoux (Pimed), Jean-Marie Milleliri (Gipse), Pierre Minonzio (PSF-CI), Jacques Pinel (MSF), Jean-Loup Rey (ReMeD-Gipse), Aguiratou Sawadogo (ReMeD), Maurice Ventura (PCH/MAE), Jean-Yves Videau (CHMP).
     
     
    Bibliographie :

    J. Maritoux, B. Topuz "Solidarité, médicaments mode d'emploi " Ed Frison-Roche, 1991.

    Médecins sans frontiÚres "Médicaments essentiels, Guide pratique d'utilisation", 3Úme édition, 1999.

    MSH and The World Bank,  "Indicateur de prix internationaux des mĂ©dicaments"
    Management Sciences for Health, 1515 Wilson Boulevard, Suite 710, Arlington, VA 22209-2402 USA,
    Tél : 703 524 6575, Fax : 703 524 7898, Email : dmp@msh.org.

    OMS "Liste modÚle des médicaments essentiels", WHO Drug Information Vol 13, n°4, 1999,
     http://www.who.int/medicines.

    OMS "Principes directeurs applicables aux dons de médicaments", révision 1999, WHO/EDM/PAR/99.4, 26 pages.

    OMS "Nouveau Kit Sanitaire d'Urgence 98, Médicaments et matériel médical pour une population de 10000 personnes pendant environ 3 mois", WHO/DAP/98.10.

    OMS "Principes directeurs pour l'élimination des produits pharmaceutiques non utilisés pendant et aprÚs les situations d'urgences " 1999, 44 pages.

    OMS "Kosovo : vers de bonnes pratiques en matiÚre de dons", Médicaments Essentiels Le point n°27, 1999, P 27.

    OMS "Situation d'urgence : encourager les dons utiles, payer pour les dons inadéquats", Médicaments Essentiels Le point n°27, 1999, P 28

    WHO Regional Office for Africa "Afro essential drugs : Price indicator july 1998"
    Parirenyatwa Hospital, Medical School C Ward, Mazoe Street, P.O. Box BE 773, Belvedere, Harare, Zimbabwe,
    Tél : 263 4 706951/707493, Fax : 263 4 705619, Email : chisalem@whoafr.org

    Télécharger le document/RTF
    ______________________

    Sites web :

    Campagne européenne pour améliorer la qualité des dons de médicaments http://www.drugdonations.org

    Organisation Mondiale de la Santé
    http://www.who.int/medicines/

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    Autres documents
    Statut des médicaments non utilisés, Olivier BALLU, Pharmacien Inspecteur de Santé Publique,
    MĂ©moire soutenu le 15 avril 2003  
    [...]

    Résumé :
    Les mĂ©dicaments non utilisĂ©s (MNU) et leurs emballages font l’objet d’une activitĂ© de tri et de collecte, via le rĂ©seau des officines pharmaceutiques, sous le contrĂŽle du dispositif Cyclamed. Ils sont destinĂ©s Ă  ĂȘtre Ă©liminĂ©s par incinĂ©ration (valorisation Ă©nergĂ©tique), ou redistribuĂ©s aux populations dĂ©munies (valorisation humanitaire) par des ONG comme le prĂ©voit l’article L 4211-2 du CSP. Le dĂ©cret qui doit en prĂ©ciser les conditions n’a pas encore vu le jour. Dans l’attente, l’ANPCM, sous l’égide de l’Ordre, agrĂ©e ces ONG. Cependant, cette filiĂšre prĂ©sente des dysfonctionnements :

    - En France, il arrive qu’ils soient rĂ©intĂ©grĂ©s dans les stocks en vue d’une nouvelle dispensation, pratique qui gĂ©nĂšre un risque pour la santĂ© publique, car sortis du circuit pharmaceutique, leur qualitĂ© ne peut plus ĂȘtre garantie.

    - ExportĂ©s, ils ont des effets nĂ©fastes en raison de leur inadaptation aux besoins, de la perturbation des politiques pharmaceutiques locales qu’ils gĂ©nĂšrent, et de leur dĂ©tournement frĂ©quent vers les marchĂ©s parallĂšles. Beaucoup doivent alors ĂȘtre dĂ©truits sur place.

    En rĂ©action, l’OMS, suivi par un grand nombre d’acteurs internationaux, publie des bonnes pratiques et recommande l’abandon des MNU au profit des mĂ©dicaments essentiels gĂ©nĂ©riques. En France, l’information relayĂ©e a permis en 6 ans de rĂ©duire Ă  5 % la proportion de MNU valorisables. Le gouvernement doit trancher la question, soit en encadrant par dĂ©cret, soit en interdisant les activitĂ©s de rĂ©cupĂ©ration, avec en corollaire des amĂ©nagements du dispositif Cyclamed.

    Une mesure d’encadrement par dĂ©cret ne ferait que diminuer, par une qualitĂ© accrue, les effets nĂ©fastes des MNU Ă  l’exportation, au prix d’une surcharge importante de travail des autoritĂ©s de contrĂŽle. En revanche, leur interdiction serait conforme aux recommandations internationales et Ă  l’éthique professionnelle des pharmaciens.

    Au vu des faibles rendements de la rĂ©cupĂ©ration, et de l’utilitĂ© contestĂ©e des MNU, le moment n’est-il pas venu de mobiliser nos Ă©nergies vers d’autres formes d’aide plus efficace au bĂ©nĂ©fice des populations dĂ©munies ?


    Compte rendu du COLLOQUE organisé par Pimed, 1er avril 2000, Paris
    “POUR AMELIORER LA QUALITE DES DONS DE MEDICAMENTS”

    Le colloque, organisĂ© Ă  Paris le 1er avril 2000, a rĂ©uni plus de 100 participants, intĂ©ressĂ©s directement ou indirectement par la question des dons de mĂ©dicaments : professionnels de santĂ©, membres d’ONG, reprĂ©sentants des pouvoirs publics, journalistes, venus non seulement de la rĂ©gion parisienne, mais aussi de diverses rĂ©gions de France.
             Cette journĂ©e a permis de faire le point sur la rĂ©glementation et sur les pratiques actuelles de dons de mĂ©dicaments non utilisĂ©s en France et dans d’autres pays europĂ©ens et au regard des directives de l’Organisation mondiale de la santĂ©. L’intervention de professionnels de santĂ© venus de plusieurs pays africains a Ă©tĂ© l’occasion d’échanges fructueux avec l’ensemble des participants du colloque. Un sentiment largement partagĂ© s’en dĂ©gage : l’évolution des pratiques est sur la bonne voie, mais les obstacles sont encore nombreux. [
    suite]


    CHARTE DES DONS DE MEDICAMENTS ET AUTRES PRODUITS PHARMACEUTIQUES AU TOGO

    MalgrĂ© les multiples progrĂšs de la mĂ©decine, la sĂ©curitĂ© sanitaire n’est pas garantie pour certaines couches de la population planĂ©taire. Les causes de cette insĂ©curitĂ© sanitaire sont diverses. Mais les plus dĂ©terminantes restent le manque de ressources financiĂšres et les situations de crise aiguĂ«. Pour pallier cette insuffisance, certaines bonnes volontĂ©s se manifestent pour porter secours Ă  ces couches de dĂ©munis. Chaque catastrophe suscite Ă  cet effet une vague de solidaritĂ© internationale matĂ©rialisĂ©e notamment par les dons de mĂ©dicaments et autres produits pharmaceutiques.

    Ces dons qui constituent des actes trĂšs louables  de par leur portĂ©e sociale ne sauraient  rendre efficacement  service que s’ils ont Ă©tĂ© conçus avec professionnalisme  et une connaissance approfondie des tenants et  aboutissants de la situation de crise ainsi créée. «Comment faire pour rendre les dons de mĂ©dicaments et autres produits pharmaceutiques le plus utile possible ? Â» C’est Ă  cette inquiĂ©tude que le MinistĂšre de la santĂ© du TOGO a voulu rĂ©pondre en prĂ©sentant cette charte.[
    suite]