Pour la promotion des MEGaccueil

Concours pour la promotion
des médicaments essentiels génériques en Afrique

                Depuis la dĂ©valuation du Franc CFA en janvier 1994, l'utilisation des MĂ©dicaments Essentiels GĂ©nĂ©riques (MEG) fait partie de la politique de santĂ© de la plupart des pays africains francophones pour favoriser l'accĂšs de leur population aux mĂ©dicaments. Ces mĂ©dicaments ont en effet l’avantage pour une qualitĂ© garantie de proposer un prix trĂšs infĂ©rieur Ă  celui des spĂ©cialitĂ©s, soit parce qu’ils sont gĂ©nĂ©riques avec un brevet arrivĂ© Ă  expiration, soit parce que leur commercialisation est avantagĂ©e par diffĂ©rentes mesures ce qui permet des frais de promotion allĂ©gĂ©s (mĂ©dicaments essentiels non gĂ©nĂ©riques).

                MalgrĂ© toutes les mesures prises pour dĂ©velopper cette politique, le volume de MEG commercialisĂ© reste faible surtout dans le secteur pharmaceutique privĂ© (1). Plusieurs raisons expliquent cette faible utilisation des MEG : la formation des prescripteurs, l’importation majoritaire Ă  partir de la France, pays oĂč les MEG Ă©taient mal connus et trĂšs peu utilisĂ©s, la faiblesse des marges assurĂ©es par les MEG. Mais un obstacle important Ă  la diffusion des MEG est l'absence d'information et de promotion au niveau des prescripteurs et du public.

                C'est pourquoi le RĂ©seau MĂ©dicament & dĂ©veloppement (ReMeD), en collaboration avec l'association « Pour une information mĂ©dicale Ă©thique et dĂ©veloppement Â» (PIMED) et avec le soutien du ministĂšre français Ă  la coopĂ©ration, a organisĂ© en Afrique, un concours de crĂ©ation de supports « publicitaires Â» pour promouvoir les MEG.

             METHODES

                AprĂšs Ă©laboration du programme du concours par un groupe de travail constituĂ© par trois pharmaciens, deux mĂ©decins de santĂ© publique, une sociologue et pilotĂ© par ReMeD, le rĂšglement du concours a Ă©tĂ© dĂ©posĂ© chez un huissier de justice

                L'annonce du concours a Ă©tĂ© diffusĂ© par plusieurs supports : par une Ă©mission de Radio France Internationale, par des encarts publicitaires dans plusieurs journaux nationaux et par la diffusion d'affiches et de cartes postales entre juin et octobre 1995 aux correspondants de ReMeD et de PIMED rĂ©sidents en Afrique. Ce concours a reçu dans plusieurs pays l'appui de la Direction de la pharmacie du ministĂšre de la santĂ© de ces pays et de la Mission française de coopĂ©ration des diffĂ©rents pays et il a Ă©tĂ© financĂ© par le MinistĂšre français de la CoopĂ©ration.

                Les participants, qui devaient ĂȘtre rĂ©sidents du continent africain, Ă©taient invitĂ©s Ă  crĂ©er des messages originaux sur les MEG, destinĂ©s aux consommateurs, aux prescripteurs ou aux dispensateurs de mĂ©dicaments. Ces messages promotionnels pouvaient prendre la forme de slogans, affiches, piĂšces de théùtre, chansons, poĂšmes, bandes dessinĂ©es, etc. Les rĂ©ponses devaient parvenir Ă  l'association ReMeD avant le 31 mai 1996.

               Le jury, composĂ© de cinq pharmaciens, quatre journalistes, trois mĂ©decins de santĂ© publique et deux sociologues, a sĂ©lectionnĂ© les 16 meilleures productions (15 premiers gagnants + 1 prix spĂ©cial du jury) selon les critĂšres suivants : pour chaque support (affiches, slogan, scĂ©nario, etc.), le message devait ĂȘtre clair, pertinent et convaincant sur la nĂ©cessitĂ© d'utiliser les MEG. Chaque membre du jury a effectuĂ© un classement par ordre prioritaire des oeuvres et par catĂ©gorie, le total gĂ©nĂ©ral obtenu a dĂ©terminĂ© le classement final.

                Les meilleures rĂ©alisations ont Ă©tĂ© publiĂ©es pour assurer leur diffusion dans les pays africains sous forme de cartes postales, d'affiches, de T-shirts. Les oeuvres ont Ă©tĂ© exposĂ©es Ă  l'occasion de diverses manifestations nationales et internationales.

                Pour Ă©valuer le dĂ©roulement du concours et son impact, deux questionnaires ont Ă©tĂ© envoyĂ©s Ă  chacun des 16 gagnants : le premier permettait de connaĂźtre le contexte qui avait permis Ă  chacun de participer Ă  ce concours, son avis sur la situation des MEG dans son pays et sur le bon dĂ©roulement du concours. Le deuxiĂšme questionnaire comportait des questions sur les connaissances et l'accessibilitĂ© aux MEG, les gagnants devaient le proposer Ă  10 membres de leur entourage

                La rĂ©alisation et l'Ă©dition d'un catalogue des meilleures productions est en cours afin de mettre Ă  la disposition des utilisateurs le matĂ©riel obtenu, d'approfondir les questions concernant la promotion des MEG et de proposer une rĂ©flexion sur les reprĂ©sentations des MEG en Afrique.

RESULTATS

1. Les répondants

                Le concours a rencontrĂ© un large succĂšs avec 550 rĂ©ponses dont 387 slogans, 94 dessins d’affiches, 22 scĂ©narios, des photos, des bandes dessinĂ©es, des chansons et des poĂšmes. Les concurrents Ă©taient originaires de 22 pays africains (AlgĂ©rie, CĂŽte d'Ivoire, BĂ©nin, Burkina Faso, Cameroun, Comores, Congo, Djibouti, Gabon, Gambie, GuinĂ©e, Madagascar, Mali, Maroc, Mauritanie, Niger, RCA, Rwanda, SĂ©nĂ©gal, Tchad, Togo et ZaĂŻre). Un certain nombre de participants ont envoyĂ© plusieurs oeuvres.

Les participants étaient d'origine professionnelle trÚs variée :
- santé (médecins, infirmiers, éducateurs pour la santé, techniciens, pharmaciens, préparateurs),
- Ă©ducation (Ă©lĂšves en individuel ou en groupe, Ă©tudiants, enseignants, instituteurs), 
- communication (caricaturistes, dessinateurs, journaliste, cinéaste),
- divers : sociologue, reprĂ©sentant de commerce, tradi-praticien, militaire, informaticien, matelot ou sans profession.

2. Les réponses

                Les messages reçus s'adressent prĂ©fĂ©rentiellement aux consommateurs, plus rarement aux prescripteurs et parfois aux deux en mĂȘme temps. Les messages adressĂ©s aux dispensateurs (les pharmaciens et vendeurs en pharmacie) sont en nombre plus restreint. 

Contenu des réponses

                Sur 59 images, des 94 affiches, analysables les thĂšmes retrouvĂ©s le plus souvent sont rapportĂ©s dans le tableau 1. Les images non analysĂ©es sont soit des doubles avec un autre texte soit des affiches ne comportant qu'une image succincte de boites ou sachets, d'une carte de l'Afrique ou d'un logo peu explicite.

Pour persuader les prescripteurs, dispensateurs et consommateurs, certaines notions sont plus frĂ©quemment utilisĂ©es par les participants :
-   le prix des gĂ©nĂ©riques est moins Ă©levĂ© que celui de la spĂ©cialitĂ© princeps
-   ils ont la mĂȘme efficacitĂ©, la mĂȘme qualitĂ© que la spĂ©cialitĂ© princeps
-   ils apportent la santĂ©, l’espoir, la satisfaction, la guĂ©rison, etc.

 

contenu

thÚme destiné aux consommateurs

thÚme destiné aux prescripteurs et dispensateurs

efficacité

23

4

coût

19

7

prix

16

2

santé

11

3

nom chimique, DCI

9

2

contenu identique spécialité

9

2

satisfaction

8

2

espoir

6

0

guérison

5

1

santé pour tous

5

1

qualité

4

2

disponibilité

4

3

sécurité

2

1

Contenu des messages

Dans les affiches les représentations les plus fréquentes sont des images de :
comprimĂ©s, gĂ©lules         20
Afrique                         13
professionnels de santĂ©   13
officine pharmacie          13
boite mĂ©dicaments          12
sachets mĂ©dicaments      12
malades                        11
foule                            10
patients                         9
femmes, enfants              8
vieux                             5

Pour la rĂ©alisation des 59 dessins Ă©tudiĂ©s, les participants ont souvent utilisĂ© les mĂȘmes objets (par exemple, les comprimĂ©s et les gĂ©lules multicolores, les boites et sachets de mĂ©dicaments, etc.) et les mĂȘmes acteurs (professionnels de santĂ©, malades, foule, patients, femmes, enfants, vieux). Lorsque le lieu Ă©tait mentionnĂ©, il s’agissait le plus souvent d’une carte de l’Afrique ou d’une pharmacie. L’hĂŽpital ou le centre de santĂ© ont Ă©tĂ© mentionnĂ© beaucoup plus rarement.

Les thÚmes les plus fréquents dans les slogans et les scénarios ont trait à l'argent avec les termes suivants : moindre coût, moindre frais, moins coûteux, moins cher, à faible coût, à peu de frais, vil prix, bon prix, prix cadeau, prix économique, prix modique, prix trÚs doux, bas prix, prix démocratique, à la portée de tous les bourses, à la portée du plus grand nombre.

Quelques expressions valent d'ĂȘtre citĂ©es :
"GĂ©nĂ©riques OK, maladie KO";       
"La oĂč le MEG passe la dĂ©valuation trĂ©passe";
" Pour les MEG la diffĂ©rence c'est le prix";     
"MEG : prix de consolation";
"Avec les MEG moins de dépenses, plus de santé";
"Réflexe générique, vous serez sain et votre compte sera bon";
"Avec les MEG santé pour tous, économie pour chacun";
"Les MEG : de petits moyens qui sauvent de grandes vies";
"MEG : le meilleur rapport qualité/prix";
"MEG : de vrais médicaments à un bas prix";
"Les MEG arrivent, les soucis s'en vont, la santé et les sous restent";
"Contre la fracture sociale généraliser le MEG s'impose";
"Plus moins cher que moi générique tu meurs";
"Joe ne porte que des habits griffés, mais les médicaments griffés c'est pas son truc : il utilise les médicaments génériques".

Une rĂ©ception officielle a Ă©tĂ© organisĂ©e Ă  Paris au MinistĂšre de la CoopĂ©ration Ă  l'occasion du sĂ©jour en France du gagnant. Des remises des prix se sont dĂ©roulĂ©es dans plusieurs pays pour rĂ©compenser les gagnants comme au Congo, au Burkina Faso, au BĂ©nin, au Gabon, au Cameroun, au Mali et en CĂŽte  d'Ivoire, en profitant de manifestations comme le lancement de la politique nationale pharmaceutique ou des sĂ©minaires. Des oeuvres ont Ă©tĂ© exposĂ©es Ă  l'occasion de diffĂ©rentes manifestations au centre culturel français du BĂ©nin et du Mali et Ă  l'occasion de diffĂ©rents sĂ©minaires internationaux.

3L’enquĂȘte auprĂšs des gagnants

                Des 11 rĂ©ponses obtenues Ă  partir des questionnaires envoyĂ©s aux 16 gagnants, les observations suivantes ont pu ĂȘtre relevĂ©es. Les gagnants ont Ă©tĂ© informĂ©s du concours en premier lieu par des affiches puis par l'Ă©mission de Radio-France internationale (RFI), la presse locale, la mission de coopĂ©ration française locale,  le journal de ReMeD ou par une piĂšce de théùtre jouĂ©e dans un lycĂ©e.

                La radio ou la tĂ©lĂ©vision (9 fois), les affiches (7 fois), les chansons, les piĂšces de théùtre, ou les journaux (2 fois) leur semblent le meilleur moyen pour communiquer l'information sur les gĂ©nĂ©riques.

                Les rĂ©ponses montrent que les MEG sont inconnus et non disponibles au Gabon, qu'ils sont disponibles seulement dans les pharmacies privĂ©es en CĂŽte d'Ivoire et au BĂ©nin et dans les formations sanitaires publiques et privĂ©es Ă  but non lucratif ailleurs. Au Mali, le GIE "SantĂ© pour tous", les centres de santĂ© communautaire, les grossistes locaux, l'entreprise locale mais aussi le marchĂ© et les vendeurs ambulants sont des lieux oĂč les MEG sont disponibles. Au Cameroun le marchĂ©, les Ă©tudiants en mĂ©decine, les infirmiers Ă  domicile, la boutique du quartier et les vendeurs ambulants ont Ă©tĂ© citĂ©s plusieurs fois comme Ă©tant une source d'approvisionnement en MEG.

DISCUSSION

1 Limites et difficultés de mise en oeuvre

                Trois difficultĂ©s majeures ont Ă©tĂ© rencontrĂ©es.
                Bien que les organisateurs aient voulu une diffusion large sur l'ensemble de l'Afrique francophone, il est vraisemblable que certaines personnes intĂ©ressĂ©es n'ont pas Ă©tĂ© informĂ©es.
                Une deuxiĂšme difficultĂ© concernait, pour les membres du jury, Ă  pouvoir comparer entre les oeuvres rĂ©alisĂ©es sur des supports diffĂ©rents : elle a Ă©tĂ© contournĂ©e en choisissant les meilleures oeuvres dans chaque catĂ©gorie (dessin, slogan, musique, théùtre).
                La troisiĂšme difficultĂ© rencontrĂ©e a Ă©tĂ© celle des remises de prix dans les diffĂ©rents pays avec des dĂ©lais satisfaisants. Elles ont Ă©tĂ© confiĂ©es Ă  des personnes ressources et, dans certains pays ont Ă©tĂ© retardĂ©es.

2. IntĂ©rĂȘt de ce concours :

        Le faible recours aux MEG doit ĂȘtre combattu par la diffusion d'informations claires et par une sensibilisation Ă  leur emploi. Le concours ne pouvait pas ĂȘtre un moyen d’informations fiables puisque les informations venaient des candidats mais il devait assurer une bonne sensibilisation. Les organisateurs considĂ©raient que l’information Ă©tait dĂ©jĂ  acquise, nĂ©anmoins sachant que ce n’était pas toujours le concours devait permettre d’évaluer le niveau d’information au plan quantitatif mais surtout qualitatif.

        Un des meilleurs moyens d’une bonne sensibilisation est de faire participer le public ciblĂ© et le concours est une technique participative permettant d’arriver Ă  ce but. Les approches participatives ont prouvĂ© leur supĂ©rioritĂ© pour sensibiliser, spĂ©cialement quand l'environnement est dĂ©jĂ  envahi par de nombreux messages, comme c'est le cas avec les mĂ©dicaments (2). L'insuffisance de l'Ă©ducation pour la santĂ© laisse la place, en particulier dans le domaine des mĂ©dicaments, aux acteurs de la communication publicitaire (3)

                Un concours comme celui-ci offre l'occasion d'assurer une promotion dynamique et crĂ©ative. Durant celui-ci, les participants ont dĂ» s'informer, des Ă©coles ont choisi d'entrer spontanĂ©ment en compĂ©tition, des Ă©missions de radio et de tĂ©lĂ©vision ont eu l'occasion de traiter la question des MEG sur le marchĂ© africain, une Ă©ducation par les pairs s’est ainsi mise en place. Un concours crĂ©e une dynamique de participation pour tous les acteurs avec pour rĂ©sultat une information et sensibilisation qui ne viennent pas du haut vers le bas.

                Ce concours a permis une promotion des MEG dans la plupart des pays concernĂ©s, promotion qui continue Ă  travers les remises de prix, expositions, diffusion d'affiches, rĂ©alisation de concours nationaux. Cette action a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e grĂące Ă  la mobilisation d'un rĂ©seau constituĂ© d'acteurs institutionnels (ministĂšre, mission de coopĂ©ration), professionnels (pharmaciens, enseignants, mĂ©decins et infirmiers) et associatifs (ReMeD, club de jeunes).

                Dans certains pays, il a Ă©tĂ© fait recours Ă  des personnes ressources locales et la participation de personnes ressources est un bon moyen de sensibiliser aux MEG et de pĂ©renniser les actions de promotion. Des « leaders Â» (d’opinion ou de formation) ont donc Ă©mergĂ©s au sein de diffĂ©rentes communautĂ©s. Dans ces pays, les "leaders" apparus lors de l’élaboration des rĂ©ponses, sont mobilisables pour le lancement d'un concours au niveau national ou la participation Ă  des actions de promotion et de communication sur les MEG.

                AprĂšs le concours, le matĂ©riel obtenu peut ĂȘtre adaptĂ© selon le support (calendriers, T-shirts, affiches, piĂšces de théùtre, campagnes Ă  la radio, etc.) en utilisant les mĂȘmes techniques de marketing que les laboratoires pharmaceutiques utilisent pour leurs spĂ©cialitĂ©s ou que les campagnes d'information et d'Ă©ducation pour la promotion des prĂ©servatifs dans le cadre de la prĂ©vention du Sida (4).

3. Étude de la reprĂ©sentation des MEG

                Il devrait ĂȘtre possible de rĂ©aliser une analyse des contenus des messages pour apprĂ©cier les pĂŽles d'intĂ©rĂȘt  des consommateurs et des prescripteurs et la reprĂ©sentation qu’ils se font des MEG et au delĂ  de tous les mĂ©dicaments. Cette Ă©tude sera faite et constituera une bonne base de dĂ©part pour une promotion des MEG. Nous Ă©voquerons rapidement les principaux traits de cette reprĂ©sentation.

                La qualitĂ© majeure des MEG pour la majoritĂ© des participants apparaĂźt ĂȘtre leur coĂ»t faible, c'est le message le plus souvent citĂ©. Deux notions sont associĂ©es Ă  ce bas prix c'est d'une part que la qualitĂ© des MEG est identique Ă  celle des spĂ©cialitĂ©s et d'autre part que ce prix permet Ă  un plus grand nombre de se soigner.

                Concernant ce domaine des prix il faut noter la frĂ©quence Ă©levĂ©e des slogans ou messages dans lesquels un parallĂšle est fait entre le poids des dĂ©penses et le poids de la maladie, entre la santĂ© du corps et la santĂ© du portefeuille avec des expressions trĂšs imagĂ©es comme "coĂ»t famĂ©lique", "prix de consolation", "budget et santĂ© soulagĂ©s".

                A partir de ces caractĂ©ristiques Ă©conomiques des connotations politiques sont exprimĂ©es et pourraient ĂȘtre retenues dans le choix d'un slogan comme "prix dĂ©mocratique", 'les MEG contre la fracture sociale", "Ă  la portĂ©e de tous", "accessibles aux plus dĂ©munis", et aussi "prix africains", "une manne pour l'Afrique".

                ParallĂšlement, les prix trop chers des spĂ©cialitĂ©s en pharmacie sont condamnĂ©s Ă  plusieurs reprises ainsi que le coĂ»t des mĂ©dicaments traditionnels et des "vendeurs par terre".

                Plusieurs dessins et messages Ă©voquent l’aspect extĂ©rieur des mĂ©dicaments en faisant Ă©tat de la couleur et de la prĂ©sentation des comprimĂ©s ou des gĂ©lules, de nombreux dessins reprĂ©sentent les MEG dans des sachets plastique souvent en opposition aux spĂ©cialitĂ©s dans des boites. Il est clair que la prĂ©sentation des MEG sera un argument de choix et que dĂ©jĂ  l'image des MEG est souvent associĂ©e Ă  l'emballage dans un sachet en plastique, sans que l'on puisse dire si cette association est ressentie comme positive ou non. Par ailleurs, trĂšs peu d'injectables ou de sirops sont reprĂ©sentĂ©s sur les dessins, alors qu'il est admis que l'injection est trĂšs apprĂ©ciĂ©e en Afrique.

                Au total il y a 38 dessins oĂč le mĂ©dicament est reprĂ©sentĂ© dont 11 fois isolĂ©ment et 9 fois en association avec un dessin de l'Afrique. MĂ©dicaments et continent africain sont souvent personnifiĂ©s et surtout la majoritĂ© de ces images est associĂ©e Ă  une notion d'abondance avec un amas de comprimĂ©s sous la forme du continent africain ou avec une pluie de comprimĂ©s et gĂ©lules sur des personnages ou sur l'Afrique. Quelques personnages reprĂ©sentĂ©s sortent Ă©galement d'une pharmacie ou du dispensaire avec les bras chargĂ©s de mĂ©dicaments. Il est possible de craindre que certaines de ces reprĂ©sentations aient des significations discutables (ou nous paraĂźtre discutables), par exemple certaines Ă©vocations dessinĂ©es peuvent faire penser Ă  une confusion entre MEG et mĂ©dicaments vendus par les circuits informels. Ces images nĂ©cessiteraient des Ă©tudes complĂ©mentaires afin d'y apporter des correctifs Ă©ventuels.

Mais Ă  l'inverse il est certain que pour de nombreux participants un des avantages des MEG est qu'ils sont plus facilement disponibles au niveau gĂ©ographique ; plusieurs images sont trĂšs explicites sur ce sujet avec un vendeur ambulant, un "docteur vĂ©lo" et son griot, un Ă©tal en plein air, un vendeur avec une cuvette pleine de mĂ©dicaments sur la tĂȘte. Il  pourrait donc ĂȘtre intĂ©ressant d'envisager la dispensation des MEG en dehors des circuits officinaux classiques avec tous les problĂšmes de contrĂŽle et de supervision que cela entraĂźne.

4. Utilisation des résultats du concours pour promouvoir les MEG.

                La principale limite d'un concours "tout public" (comme pour l’éducation par les pairs) est le risque de favoriser la circulation d'informations fausses ou de promouvoir des comportements nuisibles, par exemple dans notre Ă©tude, de favoriser la surconsommation ou la consommation de "faux mĂ©dicaments" et de mĂ©dicaments illicites.

                Promouvoir les MEG permettant une meilleure accessibilitĂ© des mĂ©dicaments nĂ©cessaires, devrait donc s'accompagner d'informations sur les dangers de surconsommation ou de "dysconsommation".

                Si la santĂ© est considĂ©rĂ©e comme un bien ordinaire de consommation les acteurs commerciaux ont leur place, d’autant  plus qu’il a Ă©tĂ© observĂ©, en Europe, des liens forts entre achat de mĂ©dicaments sans ordonnance et comportements de prĂ©vention (5). Les pouvoirs publics ont donc une place primordiale dans ce domaine de la promotion des soins ; ils doivent rĂ©glementer la consommation de mĂ©dicaments en amĂ©liorant leur "bon usage" et renforcer les fondements scientifiques de l'Ă©ducation pour la santĂ© pour que publicitĂ© et Ă©ducation pour la santĂ© ne soient pas confondues dans l'esprit du public (4).

                Parmi les messages adressĂ©s aux prescripteurs et dispensateurs il ressort Ă©galement que les MEG devraient simplifier le travail des dispensateurs, que ceux-ci auront donc plus de temps pour fournir des explications et que le prix Ă©tant plus abordable prescripteurs et dispensateurs devraient ĂȘtre payĂ©s plus rĂ©guliĂšrement. C'est un aspect positif de la gĂ©nĂ©ralisation des MEG fortement soulignĂ© par les concurrents, il devrait intĂ©resser prescripteurs et dispensateurs.

Conclusion

                En Afrique oĂč la communication orale joue un rĂŽle traditionnellement important et oĂč la formation continue des prescripteurs et des dispensateurs se fait presque exclusivement par des reprĂ©sentants des laboratoires pharmaceutiques, il faut rĂ©flĂ©chir Ă  tous moyens capables d'assurer la promotion des MEG.

                Ce concours a permis de :
- donner des informations sur les MEG Ă  ceux qui ne les connaissaient pas;
- sensibiliser un large public Ă  l’intĂ©rĂȘt des MEG;
- augmenter la crédibilité des MEG auprÚs des prescripteurs et des consommateurs grùce au soutien des institutions officielles (MinistÚre français de la Coopération, directions pharmaceutiques);
- recueillir du matériel de promotion adapté à la situation africaine qui servira lors des campagnes nationales;
- évaluer les représentations des MEG à travers l'analyse des réponses reçues.

BIBLIOGRAPHIE                                                                                                       

1 - Commission européenne. "Situation des médicaments génériques dans le secteur pharmaceutique des pays de la zone franc CFA". - Bruxelles, octobre 1996.
2 - FrÚres des hommes . "Médicaments inadaptés et vices de pubs." décembre 1989; Paris; 20 p.
3 - Hirsch A.  "Éducation Ă  la santĂ©". ActualitĂ© et dossier en santĂ© publique. (Revue du haut comitĂ© de la santĂ© publique); N° 16; septembre 1996.
4 - Vautrin-SoarÚs E., SoarÚs de Ceita A., Deniaud F., Rey J.L. "Jugements de jeunes ivoiriens sur des images de prévention du sida". - Cahiers santé 1994; 4; 315-24.
5 - Genier P. et Jacobzone S. "Les français et leur santĂ© : peut-on opposer les attentifs aux indiffĂ©rents?" SolidaritĂ© SantĂ©, N°2, 1997; 19-31.