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Concours pour la promotion
des médicaments essentiels génériques en Afrique
Depuis la dévaluation du Franc CFA en janvier 1994, l'utilisation des
Médicaments Essentiels Génériques (MEG) fait partie de la politique de santé de la plupart des pays africains francophones pour favoriser l'accÚs de leur population aux médicaments. Ces médicaments ont en effet
lâavantage pour une qualitĂ© garantie de proposer un prix trĂšs infĂ©rieur Ă celui des spĂ©cialitĂ©s, soit parce quâils sont gĂ©nĂ©riques avec un brevet arrivĂ© Ă expiration, soit parce que leur commercialisation est
avantagée par différentes mesures ce qui permet des frais de promotion allégés (médicaments essentiels non génériques).
Malgré toutes les mesures prises pour développer cette politique, le volume de MEG commercialisé reste faible surtout dans le secteur pharmaceutique privé (1). Plusieurs raisons expliquent cette faible utilisation des MEG :
la formation des prescripteurs, lâimportation majoritaire Ă partir de la France, pays oĂč les MEG Ă©taient mal connus et trĂšs peu utilisĂ©s, la faiblesse des marges assurĂ©es par les MEG. Mais un obstacle important Ă la
diffusion des MEG est l'absence d'information et de promotion au niveau des prescripteurs et du public.
C'est pourquoi le Réseau
Médicament & développement (ReMeD), en collaboration avec l'association « Pour une information médicale éthique et développement » (PIMED) et avec le soutien du ministÚre français à la coopération, a
organisé en Afrique, un concours de création de supports « publicitaires » pour promouvoir les MEG.
METHODES
AprÚs élaboration du programme du concours
par un groupe de travail constitué par trois pharmaciens, deux médecins de santé publique, une sociologue et piloté par ReMeD, le rÚglement du concours a été déposé chez un huissier de justice
L'annonce du concours a été diffusé par plusieurs supports : par une émission de Radio France Internationale, par des encarts
publicitaires dans plusieurs journaux nationaux et par la diffusion d'affiches et de cartes postales entre juin et octobre 1995 aux correspondants de ReMeD et de PIMED résidents en Afrique. Ce concours a reçu dans plusieurs
pays l'appui de la Direction de la pharmacie du ministÚre de la santé de ces pays et de la Mission française de coopération des différents pays et il a été financé par le MinistÚre français de la Coopération.
Les participants, qui devaient ĂȘtre rĂ©sidents du continent africain, Ă©taient invitĂ©s Ă crĂ©er des messages originaux sur les MEG,
destinés aux consommateurs, aux prescripteurs ou aux dispensateurs de médicaments. Ces messages promotionnels pouvaient prendre la forme de slogans, affiches, piÚces de théùtre, chansons, poÚmes, bandes dessinées, etc.
Les réponses devaient parvenir à l'association ReMeD avant le 31 mai 1996.
Le jury, composé de cinq pharmaciens, quatre
journalistes, trois médecins de santé publique et deux sociologues, a sélectionné les 16 meilleures productions (15 premiers gagnants + 1 prix spécial du jury) selon les critÚres suivants : pour chaque support (affiches,
slogan, scĂ©nario, etc.), le message devait ĂȘtre clair, pertinent et convaincant sur la nĂ©cessitĂ© d'utiliser les MEG. Chaque membre du jury a effectuĂ© un classement par ordre prioritaire des oeuvres et par catĂ©gorie, le
total général obtenu a déterminé le classement final.
Les meilleures réalisations ont été publiées pour assurer leur
diffusion dans les pays africains sous forme de cartes postales, d'affiches, de T-shirts. Les oeuvres ont été exposées à l'occasion de diverses manifestations nationales et internationales.
Pour évaluer le déroulement du concours et son impact, deux questionnaires ont été envoyés à chacun des 16 gagnants : le premier
permettait de connaßtre le contexte qui avait permis à chacun de participer à ce concours, son avis sur la situation des MEG dans son pays et sur le bon déroulement du concours. Le deuxiÚme questionnaire comportait des
questions sur les connaissances et l'accessibilité aux MEG, les gagnants devaient le proposer à 10 membres de leur entourage
La
réalisation et l'édition d'un catalogue des meilleures productions est en cours afin de mettre à la disposition des utilisateurs le matériel obtenu, d'approfondir les questions concernant la promotion des MEG et de proposer
une réflexion sur les représentations des MEG en Afrique.
RESULTATS
1. Les répondants
Le concours a rencontré un large succÚs avec 550
rĂ©ponses dont 387 slogans, 94 dessins dâaffiches, 22 scĂ©narios, des photos, des bandes dessinĂ©es, des chansons et des poĂšmes. Les concurrents Ă©taient originaires de 22 pays africains (AlgĂ©rie, CĂŽte d'Ivoire, BĂ©nin,
Burkina Faso, Cameroun, Comores, Congo, Djibouti, Gabon, Gambie, Guinée, Madagascar, Mali, Maroc, Mauritanie, Niger, RCA, Rwanda, Sénégal, Tchad, Togo et Zaïre). Un certain nombre de participants ont envoyé plusieurs
oeuvres.
Les participants étaient d'origine professionnelle trÚs variée : - santé (médecins, infirmiers, éducateurs pour la santé, techniciens, pharmaciens,
préparateurs), - éducation (élÚves en individuel ou en groupe, étudiants, enseignants, instituteurs), - communication (caricaturistes, dessinateurs, journaliste, cinéaste), - divers : sociologue,
représentant de commerce, tradi-praticien, militaire, informaticien, matelot ou sans profession.
2. Les réponses
Les messages reçus s'adressent
prĂ©fĂ©rentiellement aux consommateurs, plus rarement aux prescripteurs et parfois aux deux en mĂȘme temps. Les messages adressĂ©s aux dispensateurs (les pharmaciens et vendeurs en pharmacie) sont en nombre plus restreint.
Contenu des réponses
Sur 59 images, des 94 affiches, analysables les thÚmes retrouvés le plus souvent
sont rapportés dans le tableau 1. Les images non analysées sont soit des doubles avec un autre texte soit des affiches ne comportant qu'une image succincte de boites ou sachets, d'une carte de l'Afrique ou d'un logo peu
explicite.
Pour persuader les prescripteurs, dispensateurs et consommateurs, certaines notions sont plus fréquemment utilisées par les participants :
- le prix des gĂ©nĂ©riques est moins Ă©levĂ© que celui de la spĂ©cialitĂ© princeps - ils ont la mĂȘme efficacitĂ©, la mĂȘme qualitĂ© que la spĂ©cialitĂ© princeps
- ils apportent la santĂ©, lâespoir, la satisfaction, la guĂ©rison, etc.
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contenu
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thÚme destiné aux consommateurs
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thÚme destiné aux prescripteurs et dispensateurs
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efficacité
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23
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4
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coût
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19
|
7
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prix
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16
|
2
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santé
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11
|
3
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nom chimique, DCI
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9
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2
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contenu identique spécialité
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9
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2
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satisfaction
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8
|
2
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espoir
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6
|
0
|
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guérison
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5
|
1
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santé pour tous
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5
|
1
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qualité
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4
|
2
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disponibilité
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4
|
3
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sécurité
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2
|
1
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Contenu des messages
Dans les affiches les représentations les plus fréquentes sont des images de : comprimés, gélules 20
Afrique 13 professionnels de santé 13
officine pharmacie 13 boite médicaments 12 sachets médicaments 12
malades 11
foule 10
patients 9
femmes, enfants 8
vieux 5
Pour la rĂ©alisation des 59 dessins Ă©tudiĂ©s, les participants ont souvent utilisĂ© les mĂȘmes objets (par exemple, les comprimĂ©s et les gĂ©lules multicolores, les boites et
sachets de mĂ©dicaments, etc.) et les mĂȘmes acteurs (professionnels de santĂ©, malades, foule, patients, femmes, enfants, vieux). Lorsque le lieu Ă©tait mentionnĂ©, il
sâagissait le plus souvent dâune carte de lâAfrique ou dâune pharmacie. LâhĂŽpital ou le centre de santĂ© ont Ă©tĂ© mentionnĂ© beaucoup plus rarement.
Les thĂšmes les plus frĂ©quents dans les slogans et les scĂ©narios ont trait Ă l'argent avec les termes suivants : moindre coĂ»t, moindre frais, moins coĂ»teux, moins cher, Ă
faible coût, à peu de frais, vil prix, bon prix, prix cadeau, prix économique, prix modique, prix trÚs doux, bas prix, prix démocratique, à la portée de tous les bourses, à la portée du plus grand nombre.
Quelques expressions valent d'ĂȘtre citĂ©es :
"GĂ©nĂ©riques OK, maladie KO"; "La oĂč le MEG passe la dĂ©valuation trĂ©passe";
" Pour les MEG la différence c'est le prix"; "MEG : prix de consolation"; "Avec les MEG moins de dépenses, plus de santé";
"Réflexe générique, vous serez sain et votre compte sera bon"; "Avec les MEG santé pour tous, économie pour chacun"; "Les MEG : de petits moyens qui sauvent de grandes vies";
"MEG : le meilleur rapport qualité/prix"; "MEG : de vrais médicaments à un bas prix"; "Les MEG arrivent, les soucis s'en vont, la santé et les sous restent";
"Contre la fracture sociale généraliser le MEG s'impose"; "Plus moins cher que moi générique tu meurs";
"Joe ne porte que des habits griffés, mais les médicaments griffés c'est pas son truc : il utilise les médicaments génériques".
Une réception officielle a été organisée à Paris au MinistÚre de la Coopération à l'occasion du séjour en France du gagnant. Des remises des prix se sont déroulées
dans plusieurs pays pour récompenser les gagnants comme au Congo, au Burkina Faso, au Bénin, au Gabon, au Cameroun, au Mali et en CÎte d'Ivoire, en profitant de
manifestations comme le lancement de la politique nationale pharmaceutique ou des séminaires. Des oeuvres ont été exposées à l'occasion de différentes manifestations
au centre culturel français du Bénin et du Mali et à l'occasion de différents séminaires internationaux.
3LâenquĂȘte auprĂšs des gagnants
Des 11 réponses obtenues à partir des questionnaires envoyés aux 16
gagnants, les observations suivantes ont pu ĂȘtre relevĂ©es. Les gagnants ont Ă©tĂ© informĂ©s du concours en premier lieu par des affiches puis par l'Ă©mission de
Radio-France internationale (RFI), la presse locale, la mission de coopération française locale, le journal de ReMeD ou par une piÚce de théùtre jouée dans un lycée.
La radio ou la télévision (9 fois), les affiches (7 fois), les chansons, les
piÚces de théùtre, ou les journaux (2 fois) leur semblent le meilleur moyen pour communiquer l'information sur les génériques.
Les réponses montrent que les MEG sont inconnus et non disponibles au
Gabon, qu'ils sont disponibles seulement dans les pharmacies privées en CÎte d'Ivoire et au Bénin et dans les formations sanitaires publiques et privées à but non lucratif
ailleurs. Au Mali, le GIE "Santé pour tous", les centres de santé communautaire, les grossistes locaux, l'entreprise locale mais aussi le marché et les vendeurs ambulants
sont des lieux oĂč les MEG sont disponibles. Au Cameroun le marchĂ©, les Ă©tudiants en mĂ©decine, les infirmiers Ă domicile, la boutique du quartier et les vendeurs ambulants
ont été cités plusieurs fois comme étant une source d'approvisionnement en MEG.
DISCUSSION
1 Limites et difficultés de mise en oeuvre
Trois difficultés majeures ont été rencontrées.
Bien que les organisateurs aient voulu une diffusion large sur l'ensemble
de l'Afrique francophone, il est vraisemblable que certaines personnes intéressées n'ont pas été informées.
Une deuxiÚme difficulté concernait, pour les membres du jury, à pouvoir
comparer entre les oeuvres réalisées sur des supports différents : elle a été contournée en choisissant les meilleures oeuvres dans chaque catégorie (dessin, slogan, musique, théùtre).
La troisiÚme difficulté rencontrée a été celle des remises de prix dans les
différents pays avec des délais satisfaisants. Elles ont été confiées à des personnes ressources et, dans certains pays ont été retardées.
2. IntĂ©rĂȘt de ce concours :
Le faible recours aux MEG doit ĂȘtre combattu par la diffusion d'informations claires et par une sensibilisation Ă leur emploi. Le concours ne pouvait pas ĂȘtre un
moyen dâinformations fiables puisque les informations venaient des candidats mais il devait assurer une bonne sensibilisation. Les organisateurs considĂ©raient que
lâinformation Ă©tait dĂ©jĂ acquise, nĂ©anmoins sachant que ce nâĂ©tait pas toujours le concours devait permettre dâĂ©valuer le niveau dâinformation au plan quantitatif mais surtout qualitatif.
Un des meilleurs moyens dâune bonne sensibilisation est de faire participer le public ciblĂ© et le concours est une technique participative permettant dâarriver Ă ce
but. Les approches participatives ont prouvé leur supériorité pour sensibiliser, spécialement quand l'environnement est déjà envahi par de nombreux messages,
comme c'est le cas avec les médicaments (2). L'insuffisance de l'éducation pour la santé laisse la place, en particulier dans le domaine des médicaments, aux acteurs de la communication publicitaire (3)
Un concours comme celui-ci offre l'occasion d'assurer une promotion
dynamique et créative. Durant celui-ci, les participants ont dû s'informer, des écoles ont choisi d'entrer spontanément en compétition, des émissions de radio et de
tĂ©lĂ©vision ont eu l'occasion de traiter la question des MEG sur le marchĂ© africain, une Ă©ducation par les pairs sâest ainsi mise en place. Un concours crĂ©e une dynamique de
participation pour tous les acteurs avec pour résultat une information et sensibilisation qui ne viennent pas du haut vers le bas.
Ce concours a permis une promotion des MEG dans la plupart des pays
concernés, promotion qui continue à travers les remises de prix, expositions, diffusion d'affiches, réalisation de concours nationaux. Cette action a été réalisée grùce à la
mobilisation d'un réseau constitué d'acteurs institutionnels (ministÚre, mission de coopération), professionnels (pharmaciens, enseignants, médecins et infirmiers) et associatifs (ReMeD, club de jeunes).
Dans certains pays, il a été fait recours à des personnes ressources
locales et la participation de personnes ressources est un bon moyen de sensibiliser aux MEG et de pĂ©renniser les actions de promotion. Des « leaders » (dâopinion ou de
formation) ont donc Ă©mergĂ©s au sein de diffĂ©rentes communautĂ©s. Dans ces pays, les "leaders" apparus lors de lâĂ©laboration des rĂ©ponses, sont mobilisables pour le
lancement d'un concours au niveau national ou la participation Ă des actions de promotion et de communication sur les MEG.
AprĂšs le concours, le matĂ©riel obtenu peut ĂȘtre adaptĂ© selon le support
(calendriers, T-shirts, affiches, piĂšces de théùtre, campagnes Ă la radio, etc.) en utilisant les mĂȘmes techniques de marketing que les laboratoires pharmaceutiques
utilisent pour leurs spécialités ou que les campagnes d'information et d'éducation pour la promotion des préservatifs dans le cadre de la prévention du Sida (4).
3. Ătude de la reprĂ©sentation des MEG
Il devrait ĂȘtre possible de rĂ©aliser une analyse des contenus des
messages pour apprĂ©cier les pĂŽles d'intĂ©rĂȘt des consommateurs et des prescripteurs et la reprĂ©sentation quâils se font des MEG et au delĂ de tous les mĂ©dicaments. Cette
étude sera faite et constituera une bonne base de départ pour une promotion des MEG. Nous évoquerons rapidement les principaux traits de cette représentation.
La qualitĂ© majeure des MEG pour la majoritĂ© des participants apparaĂźt ĂȘtre
leur coût faible, c'est le message le plus souvent cité. Deux notions sont associées à ce bas prix c'est d'une part que la qualité des MEG est identique à celle des
spécialités et d'autre part que ce prix permet à un plus grand nombre de se soigner.
Concernant ce domaine des prix il faut noter la fréquence élevée des
slogans ou messages dans lesquels un parallÚle est fait entre le poids des dépenses et le poids de la maladie, entre la santé du corps et la santé du portefeuille avec des
expressions trÚs imagées comme "coût famélique", "prix de consolation", "budget et santé soulagés".
A partir de ces caractéristiques économiques des connotations politiques
sont exprimĂ©es et pourraient ĂȘtre retenues dans le choix d'un slogan comme "prix dĂ©mocratique", 'les MEG contre la fracture sociale", "Ă la portĂ©e de tous", "accessibles
aux plus démunis", et aussi "prix africains", "une manne pour l'Afrique".
ParallÚlement, les prix trop chers des spécialités en pharmacie sont
condamnés à plusieurs reprises ainsi que le coût des médicaments traditionnels et des "vendeurs par terre".
Plusieurs dessins et messages Ă©voquent lâaspect extĂ©rieur des
médicaments en faisant état de la couleur et de la présentation des comprimés ou des gélules, de nombreux dessins représentent les MEG dans des sachets plastique
souvent en opposition aux spécialités dans des boites. Il est clair que la présentation des MEG sera un argument de choix et que déjà l'image des MEG est souvent
associée à l'emballage dans un sachet en plastique, sans que l'on puisse dire si cette association est ressentie comme positive ou non. Par ailleurs, trÚs peu d'injectables
ou de sirops sont représentés sur les dessins, alors qu'il est admis que l'injection est trÚs appréciée en Afrique.
Au total il y a 38 dessins oĂč le mĂ©dicament est reprĂ©sentĂ© dont 11 fois
isolément et 9 fois en association avec un dessin de l'Afrique. Médicaments et continent africain sont souvent personnifiés et surtout la majorité de ces images est
associée à une notion d'abondance avec un amas de comprimés sous la forme du continent africain ou avec une pluie de comprimés et gélules sur des personnages ou
sur l'Afrique. Quelques personnages représentés sortent également d'une pharmacie ou du dispensaire avec les bras chargés de médicaments. Il est possible de craindre
que certaines de ces représentations aient des significations discutables (ou nous paraßtre discutables), par exemple certaines évocations dessinées peuvent faire
penser à une confusion entre MEG et médicaments vendus par les circuits informels. Ces images nécessiteraient des études complémentaires afin d'y apporter des correctifs éventuels.
Mais à l'inverse il est certain que pour de nombreux participants un des avantages des MEG est qu'ils sont plus facilement disponibles au niveau géographique ; plusieurs
images sont trÚs explicites sur ce sujet avec un vendeur ambulant, un "docteur vélo" et son griot, un étal en plein air, un vendeur avec une cuvette pleine de médicaments
sur la tĂȘte. Il pourrait donc ĂȘtre intĂ©ressant d'envisager la dispensation des MEG en dehors des circuits officinaux classiques avec tous les problĂšmes de contrĂŽle et de supervision que cela entraĂźne.
4. Utilisation des résultats du concours pour promouvoir les MEG.
La principale limite d'un concours "tout public" (comme pour lâĂ©ducation
par les pairs) est le risque de favoriser la circulation d'informations fausses ou de promouvoir des comportements nuisibles, par exemple dans notre étude, de favoriser
la surconsommation ou la consommation de "faux médicaments" et de médicaments illicites.
Promouvoir les MEG permettant une meilleure accessibilité des
médicaments nécessaires, devrait donc s'accompagner d'informations sur les dangers de surconsommation ou de "dysconsommation".
Si la santé est considérée comme un bien ordinaire de consommation les
acteurs commerciaux ont leur place, dâautant plus quâil a Ă©tĂ© observĂ©, en Europe, des liens forts entre achat de mĂ©dicaments sans ordonnance et comportements de
prévention (5). Les pouvoirs publics ont donc une place primordiale dans ce domaine de la promotion des soins ; ils doivent réglementer la consommation de médicaments
en améliorant leur "bon usage" et renforcer les fondements scientifiques de l'éducation pour la santé pour que publicité et éducation pour la santé ne soient pas confondues dans l'esprit du public (4).
Parmi les messages adressés aux prescripteurs et dispensateurs il ressort
également que les MEG devraient simplifier le travail des dispensateurs, que ceux-ci auront donc plus de temps pour fournir des explications et que le prix étant plus
abordable prescripteurs et dispensateurs devraient ĂȘtre payĂ©s plus rĂ©guliĂšrement. C'est un aspect positif de la gĂ©nĂ©ralisation des MEG fortement soulignĂ© par les
concurrents, il devrait intéresser prescripteurs et dispensateurs.
Conclusion
En Afrique oĂč la communication orale joue un rĂŽle traditionnellement
important et oĂč la formation continue des prescripteurs et des dispensateurs se fait presque exclusivement par des reprĂ©sentants des laboratoires pharmaceutiques, il
faut réfléchir à tous moyens capables d'assurer la promotion des MEG.
Ce concours a permis de :
- donner des informations sur les MEG Ă ceux qui ne les connaissaient pas; - sensibiliser un large public Ă lâintĂ©rĂȘt des MEG; - augmenter la crĂ©dibilitĂ© des MEG auprĂšs des prescripteurs et des consommateurs
grùce au soutien des institutions officielles (MinistÚre français de la Coopération, directions pharmaceutiques); - recueillir du matériel de promotion adapté à la situation africaine qui servira lors des
campagnes nationales; - évaluer les représentations des MEG à travers l'analyse des réponses reçues.
BIBLIOGRAPHIE 
1 - Commission européenne. "Situation des médicaments génériques dans le secteur pharmaceutique des pays de la zone franc CFA". - Bruxelles, octobre 1996.
2 - FrÚres des hommes . "Médicaments inadaptés et vices de pubs." décembre 1989; Paris; 20 p.
3 - Hirsch A. "Ăducation Ă la santĂ©". ActualitĂ© et dossier en santĂ© publique. (Revue du haut comitĂ© de la santĂ© publique); N° 16; septembre 1996.
4 - Vautrin-SoarÚs E., SoarÚs de Ceita A., Deniaud F., Rey J.L. "Jugements de jeunes ivoiriens sur des images de prévention du sida". - Cahiers santé 1994; 4; 315-24.
5 - Genier P. et Jacobzone S. "Les français et leur santé : peut-on opposer les attentifs aux indifférents?" Solidarité Santé, N°2, 1997; 19-31. |