POLITIQUE PHARMACEUTIQUE AU CAMEROUN

 

Présentation générale[1]

Superficie 475 650 km2
Population 14.9 millions en 2000
Taux de croissance de la population : 2,6%
Population urbaine : 49.2 % en 1999
EspĂ©rance de vie Ă  la naissance : 59 ans en 1999
PIB PPA (paritĂ© du Pouvaoir d’Achat)par habitant : 1573 en 1999
Taux annuel d’inflation : 3 % en 2000
Dette extĂ©rieure : 4247 milliards de FCFA en 1998/1999
Aide officielle au développement, nette, de tous les bailleurs de fonds
[2] :
- 413 millions $US en 1996
- par habitant : 30 $US en 1996 
Aide Publique au Développement, Nette: 433.8 millions de $ en 1999
                                                       29.5$ par habitant

Le système de santé

TMM5[3] : 154 %o en 1999
Taux de mortalitĂ© infantile : 95%o en 1999
Taux de mortalitĂ© maternelle : 430 pour 100 000 naissances
Nombre de prescripteurs : 7 mĂ©decins pour 100 000 habitants en 1999
Nombre d’habitants/lit hospitalier :636 en 2000
DĂ©pense publique de santĂ© : 55318000 milliers de FCFA pour 2000/01,soit 1% du PIB
Aide internationale dans le domaine de la santĂ© :
DĂ©pense national de santĂ© : 200 milliards de Fcfa en 2000
 

Le secteur pharmaceutique[4]

A.      DonnĂ©es gĂ©nĂ©rales

1.       DonnĂ©es Ă©conomiques

-         DĂ©penses publiques en mĂ©dicaments : 120 milliards de Fcfa (2000)
-         Valeur totale de l’aide internationale en mĂ©dicaments :        milliards de Fcfa
-         Valeur de la production pharmaceutique nationale (prix dĂ©part usine) : 2 milliards de Fcfa (nĂ©gligeable par rapport Ă  la consommation nationale)
-         Valeur totale des importations de mĂ©dicaments (prix CIF) : 43.7 milliards de Fcfa + 22 milliards en contrebande

Exportations pharmaceutiques française en Afrique francophone[5] (milliers de francs)

 

1991

1992

1993

1994

1995

1996

1997

1998

milliers de FF

345 160

332 109

275 873

165 562

183 423

208 428

263 674

267 755


1999

2000

2001

2002

 

263 109

311 482

33416

 

 



2.       Ressources humaines (1998) : 1000 pharmaciens

3.       Organisation du secteur pharmaceutique

3.1     Secteur pharmaceutique privĂ© = 40% du marchĂ© pharmaceutique camerounais

Evolution du nombre de points de vente, de grossistes et d’industries dans le secteur pharmaceutique privĂ© :

 

1987

1994

2001

Prévision 2002

Pharmacies

224

 308

 310

440

Dépôts

 

 

 

 

total

 

 

 

 

Nb grossistes

3

8

 18

Nb industries

1

3

2

Les principaux grossistes-rĂ©partiteurs sont Laborex (CA: 20 milliards de Fcfa en 2000), Campharm (CA: 9 milliards de Fcfa en 2000), Pharmacam (CA: 4.5 milliards de Fcfa en 2000),RhĂ´ne Poulens Pharma, CoopĂ©rative Camerounaise Pharmaceutique, Pharmex, …

Il existe actuellement deux industries pharmaceutiques :

- Cinpharm, créée en 1988 par rhône-Poulenc, rachetée en 1995 par Eurapar. (Eurapar Finance 80%, RPR 10%, autres 10%). Son chiffre d’affaires s’élevait à 4,5 milliards de Fcfa en 1997, en baisse. 600 millions de FCFA en 2001. Cette société produit des comprimés, des gélules, des liquides oraux et des poudres stériles. Elle fabrique des génériques et des spécialités sous licence pour Rhône Poulenc Rorer et Pfizer.

- Société Industrielle de Produits Pharmaceutiques (SIPP), créée en 1989, 65% privés camerounais et 35% Besix, et ayant un chiffre d’affaires de 1,29 Fcfa en 1997, 800 millions de FCFA en 2001. Cette société produit des solutés massifs pour perfusion et détient 80% du marché camerounais des solutés glucosés.

- Plantecam, filiale des laboratoires Fournier dont l’activité portait sur l’exportation de plantes médicinales et la fabrication de médicaments à base de plantes, a déposé son bilan.

 Aucune d’elles n’a pu ĂŞtre compĂ©titive lors des appelsd’offre internationaux ouverts organisĂ©s par la CENAME

3.2     Secteur pharmaceutique public ou Ă  but non lucratif

La CENAME (La centrale Nationale d’Approvisionnement en MĂ©dicaments Essentiels) est une structure d’achat et d’approvisionnement, qui vend des mĂ©dicaments essentiels gĂ©nĂ©riques aux formations sanitaires publiques et aux associations Ă  but non lucratif. Son statut actuel est celui de “ projet â€ť, statut qui devrait Ă©voluer vers celui d’une sociĂ©tĂ© d’économie mixte. La CENAME a commencĂ© Ă  vendre en novembre 1998.son chiffre d’affaire est passĂ© de 1.18 milliards de CFA en 1999 Ă  5 milliards de CFA en 2002. Elle approvisionne le secteur public (les CAPP) et le secteur privĂ© Ă  but non lucratif (confessionnel principalement). Elle n'a pas de monopole. Son chiffre d’affaire mensuel est en nette progression : il est passĂ© de 100 millions cfa en novembre 1998 Ă  350 millions cfa en mars 2001.
Le système National de Médicaments essentiels (SYNAME) comprend les CAPP et la CENAME.
Dans chacune des 10 provinces, il y a un Centre d'Approvisionnement Pharmaceutique Provincial (CAPP ) chargé d'approvisionner le secteur public dans le cadre du recouvrement des coûts. Ils ont été créés vers 1994-1996. Des échantillons de lots sont envoyés au Laboratoire National de Contrôle de Qualité et au Lanspex (Niger). Elle s’approvisionne essentiellement par appels d’offres.

Le Laboratoire National de Contrôle des médicaments à été créé par décret de mars 1996 et a depuis un statut d’Etablissement Public à caractère Administratif . son conseil d’administration n’est toujours pas désigné, début 2002

Secteur pharmaceutique informel :
A coté du SYNAME, se développe un marché informel dont l’impact sur l’économie et la santé des populations est loin d’être négligeant (environ 50% du marché du médicament au Cameroun).

B. Politique pharmaceutique

1.       LĂ©gislation et rĂ©glementation des mĂ©dicaments

Il existe une direction de la Pharmacie et du Médicament[6]
La politique pharmaceutique au Cameroun a été adoptée au Cameroun en Septembre 2000.
La législation a été réactualisée en 1990.
Le service d’inspection est en cours de développement.

2.       SĂ©lection des mĂ©dicaments et des produits pharmaceutiques

Il existe une liste nationale de médicaments essentiels ainsi qui a été réactualisée en 1999 par la commission. Il existe aussi une liste de médicaments d’urgence dont presque tous les médicaments sur la liste nationale des médicaments essentiels

Nombre de mĂ©dicaments sur la liste nationale de mĂ©dicaments essentiels : 258 mĂ©dicaments classĂ©s en 5 niveaux de formations sanitaires

Il existe des procédures formelles pour l’homologation des médicaments, une commission d’homologation

Nombre total de mĂ©dicaments homologuĂ©s (sous forme de prĂ©sentations) :

3.       Approvisionnement

La CENAME[7] s’approvisionne en mĂ©dicaments sous DCI par appel d’offre restreint après prĂ©-sĂ©lection des fournisseurs. Il existe un système de suivi des fournisseurs. Des Ă©chantillons sont envoyĂ©s au laboratoire de contrĂ´le de qualitĂ© de ?

4.       CoĂ»t des mĂ©dicaments et politique des prix

Les prix des mĂ©dicaments ont Ă©tĂ© libĂ©rĂ©s depuis 1998, mais la profession continue d’appliquer les taux suivants (ententes tacites) :
prix des spĂ©cialitĂ©s -fabrication locale: marge de gros 10.37 % ; marge de dĂ©tail 34.10 %
                          -importations : marge de gros 14.17% ; marge de dĂ©tail 38.94%
prix pour les mĂ©dicaments gĂ©nĂ©riques : la CENAME applique une marge de 20%, sauf pour les ARV ; les CAPP appliquent une marge de 36% (20% pour les solutĂ©s), les formations sanitaires vendent aux patients avec une marge de 15%.
Les antituberculeux et test de dépistage Camstix VIH sont cédés aux malades aux prix Cename.

Des mesures incitatives pour amener le secteur privĂ© Ă  vendre des MEG Ă  bas prix sont en cours d’élaboration:
La substitution de la spécialité par un générique est possible mais n’est pas encore entrée dans les mœurs compte tenu, entre autre, d’une méfiance exagérée du consommateur qui n’est pas assez informé sur les MG
Dans le Public, la DPM est responsable de l’application des prix.

Incitations Ă©conomique Ă  la production de mĂ©dicaments : les matières premières sont dispensĂ©es de taxes, il existe une prĂ©fĂ©rence locale de 15% pour l’achat de produits fabriquĂ©s localement.

5.       Usage des mĂ©dicaments et informations pharmaceutiques

Il n’y a pas de formulaire national des médicaments essentiels ni de guides thérapeutique national.
Il n’existe pas de centre d’information sur le médicament, ni de publication de journaux pharmaceutiques indépendants, ni de comités thérapeutiques dans les grands hôpitaux.
Le concept de médicaments essentiels vient d’être introduit dans les programmes de formation initiale du personnel de santé.
Il n’y a pas de campagne d’information et d’éducation sur les MEG.
                                                                                                    


[1] Indicateurs provenant du rapport mondial su le développement humain 2001; PNUD.
[2] African developpement indicators (1998/199), The World Bank, Whashington D.C.
[3] Taux de mortalité des moins de 5 ans
[4] Certaines donnĂ©es sont reprises de l’ouvrage “ Le secteur pharmaceutique privĂ© commercial en Afrique, Ministère de la coopĂ©ration – OMS, 1995.
[5] Sources Snip.
[6] Direction de la Pharmacie et du Médicaments, Ministère de la Santé Publique, BP 2097, tel 237 22 41 44
[7] CENAME : BP 2170 YaoundĂ©, Cameroun, tel 237 23 29 20, fax 237 23 29 23