De: owner-e-med@usa.healthnet.org de la part de remed@remed.org Envoyé: mardi 17 avril 2001 17:30 À: e-med@usa.healthnet.org Objet: [e-med] revue de presse sur les ARV en Afrique E-MED: revue de presse sur les ARV en Afrique ------------------------------------------------------------------------- Mandela attaque les sociétés de médicaments pour le SIDA Enquête spéciale: SIDA Charlotte Denny Lundi 16 avril 2001 The Guardian Nelson Mandela, ancien président sud-africain, a accusé les plus grandes compagnies pharmaceutiques du monde d'exploiter son pays en pratiquant des prix exorbitants pour les médicaments du VIH/SIDA. Dans une entrevue télévisée hier [dimanche 15 avril 2001], M. Mandela a défendu la décision du gouvernement sud-africain pour éviter les règles internationales de brevet et pour permettre à des fabricants de copier les médicaments chers. A ce sujet, trente neuf compagnies de médicament ont saisi la justice contre le gouvernement [sud-africain]. M. Mandela est le premier défenseur dans ce jugement, qui reprend cette semaine. "Je pense que les [entreprises] pharmaceutiques exploitent la situation qui existe dans les pays comme l'Afrique du Sud - dans le monde en voie de développement - parce qu'elles pratiquent des prix exorbitants qui sont au delà de la capacité de la personne ordinaire atteinte du VIH/SIDA. Ceci est complètement mauvais et doit être condamné," a dit M. Mandela. "Le gouvernement est parfaitement autorisé, au regard de la situation, de recourir aux médicaments génériques, et c'est une erreur majeure de la part des compagnies, des pharmaceutiques, de traîner ainsi le gouvernement devant les tribunaux." Les statistiques officielles démontrent qu'un sur neuf sud-africains est atteint du VIH ou a déjà le SIDA et seulement une minorité minuscule de ces 4.7 million de personnes peut se permettre les médicaments appropriés. L'interposition de M. Mandela parvient alors que la pression monte contre les sociétés de médicament d'abandonner leur insistance d'imposer des droits de brevet au monde en voie de développement. Les militants rétorquent le fait que les pays pauvres frappés ne peuvent pas avoir les moyens pour les prix plus élevés des produits brevetés. Guardian Unlimited © Guardian Newspapers Limited 2001 source: http://www.guardian.co.uk/aids/story/0,7369,473678,00.html Nelson Mandela Children Fund: http://www.mandela-children.org [Traduction approximative: C. Labadie] ****************** Médisite.fr Article du 15 Avril 2001 - - Le ministre britannique des finances pour des médicaments bon marché anti-sida Le ministre britannique des finances Gordon Brown a demandé aux multinationales de la pharmacie de faire en sorte que les pays en développement aient accès aux médicaments contre le sida, a rapporté dimanche The Observer on Sunday. "Elles doivent montrer qu'elles consacrent des ressources à la solution de ces questions. Dix pour cent seulement des recherches médicales vont à des problèmes qui touchent 90% de la population mondiale", a-t-il dit à l'hebdomadaire britannique. Le ministre a estimé que la communauté internationale, si elle agissait de manière collective, pouvait vaincre les graves maladies comme le sida qui frappent l'Afrique et d'autres régions en développement. M. Brown a fait ces déclarations alors que 39 des plus grandes sociétés pharmaceutiques mondiales reprennent la semaine prochaine leur action en justice contre le gouvernement sud-africain pour violation des droits de propriété intellectuelle. La Haute cour de Prétoria doit tenir mercredi une nouvelle audience pour examiner leur plainte contre une loi sud-africaine favorisant l'accès aux médicaments "génériques" à bas prix, un procès crucial pour des millions de malades du Sida dans les pays en développement. ******************* Médisite.fr Article du 14 Avril 2001 - - SIDA : l'Ethiopie va importer des médicaments anti-rétroviraux Le gouvernement éthiopien a planifié pour la première fois l'importation prochaine de médicaments anti-rétroviraux pour les malades du SIDA, a annoncé le ministère éthiopien de la Santé, cité samedi par la presse officielle. Addis Abeba a notamment indiqué vendredi à l'agence éthiopienne ENA avoir "dressé la liste détaillée des médicaments anti-rétroviraux à importer et les avoir soumis aux éventuels importateurs". Selon les estimations officielles, l'Ethiopie compte 3 millions de séropositifs pour 62,8 millions d'habitants (NDLR: chiffres de la Banque Mondiale) avec un taux d'infection chez les adultes estimé en l'an 2000 par l'ONUSIDA à 10,63 %. "Des conditions favorables ont été créées pour les importateurs locaux pour négocier avec les sociétés pharmaceutiques étrangères sur les possibilités d'importer différents un coktail de médicaments à des prix abordables", a, par ailleurs, précisé le ministère éthiopien. "Il s'agit en fait d'une autorisation du gouvernement pour permettre l'importation de ces médicaments qui sont maintenant considérés comme essentiels", a expliqué samedi à l'AFP un responsable d'une ONG locale spécialisée dans la lutte anti-sida. Fin 2000, Addis Abeba était entré en pourparlers avec plusieurs grandes entreprises pharmaceutiques internationales pour négocier l'arrivée en Ethiopie de ses médicaments qui restent encore inaccesibles pour une large majorité de la population, ont également précisé samedi à l'AFP plusieurs sources médicales étrangères. A la mi-janvier 2001, une étude compilée notamment par le ministère éthiopien de la Santé et l'agence américaine USAID avait révélé que plus de 5,2 millions d'Ethiopiens pouvaient mourir du sida durant les quatorze prochaines années si des mécanismes efficaces de prévention n'étaient pas mis en place pour contrer la propagation "alarmante" de la pandémie. Depuis plus de deux ans, les autorités éthiopiennes multiplient les messages appelant à des mesures préventives et au changement de comportement afin de contenir la propagation du fléau. **************** Jeune Afrique, 10 avril SIDA : LES ÉTATS-UNIS PEUVENT PAYER. Professeur d'économie internationale à Harvard, Jeffrey D. Sachs s'intéresse de longue date à l'Afrique. Dans Newsweek, il montre qu'il ne coûterait pas grand-chose aux Américains de prendre en charge le traitement de l'infection par VIH dans les pays pauvres. ------------------------------------------------------------------------ Jusque-là, les États-Unis et les pays riches n'ont à peu près rien fait pour aider les pays les plus pauvres à lutter contre le sida, la plus grande pandémie de l'histoire contemporaine. La maladie est difficile à combattre. Pour plusieurs raisons et, en premier lieu, parce que son traitement coûte cher. Or les pays les plus pauvres d'Afrique ne disposent que de quelques dollars par an et par personne pour couvrir la totalité de leurs dépenses de santé. Cet argent ne doit pas être utilisé seulement contre le sida, mais aussi contre d'autres maladies qui ravagent également le continent, telles que le paludisme et la tuberculose. En l'absence de traitement, même les actions de prévention sont impossibles. Une vraie prévention suppose en effet que les personnes qui ont passé le test de dépistage du VIH et sont séropositives reçoivent des conseils sur la conduite à tenir. Lorsque, faute de moyens, elles ne peuvent bénéficier d'un traitement, elles refusent de subir le test de dépistage. Car non seulement la découverte d'une séropositivité n'ouvre pas la voie à un traitement, mais son annonce, synonyme d'une mort certaine, condamne à l'exclusion économique et sociale. On estime que, sur 25 millions d'Africains séropositifs, seuls 5 % sont informés de leur état et que moins de 1 sur 1 000 bénéficie d'un traitement à base d'antirétroviraux. De plus, comme l'infection reste latente pendant plusieurs années, les personnes séropositives peuvent infecter des personnes saines avant que l'apparition de symptômes cliniques ne révèle qu'ils sont atteints du sida. Jusqu'à présent, les pays riches n'ont pratiquement pas financé la prévention ou le traitement du sida sur le continent. Le motif le plus souvent invoqué ? Le coût exorbitant du traitement. Pourtant, les laboratoires pharmaceutiques - les géants comme les laboratoires de moindres dimensions producteurs de génériques - se sont dits prêts à fournir aux pays pauvres des médicaments à des prix plus abordables. Mais ce n'est pas suffisant. Pour les pays riches, la solution la plus simple consisterait à payer l'addition. Ils devraient, États-Unis en tête, mettre sur pied un fonds global pour le sida, sous les auspices de l'Organisation mondiale de la santé et de l'Onusida. Ce fonds servirait à acheter des remèdes à bas prix. Ceux-ci seraient ensuite distribués gratuitement dans les pays en développement selon des procédures très strictes, visant à s'assurer qu'ils sont véritablement utilisés et qu'ils ne se retrouvent pas sur le marché noir. L'Institut national de la santé, aux États-Unis, et les Centres de surveillance de la maladie pourraient, en coopération avec les meilleures facultés de médecine et les associations médicales du monde entier, faciliter une diffusion plus large des médicaments en Afrique, d'une manière appropriée et sécurisée. Il est impératif que des experts donnent des conseils d'utilisation : un emploi inadéquat pourrait contribuer au développement de virus résistants aux remèdes, et diminuer leur efficacité. Des études de coût indiquent que les États-Unis pourraient contribuer pour environ 5 milliards de dollars par an à l'effort global de lutte contre le sida, le paludisme, la tuberculose et les autres maladies mortelles. Leur participation s'ajouterait à une aide globale de 10 milliards à 20 milliards de dollars par an pour le continent africain. Dans la mesure où le revenu annuel des États-Unis est de 10 000 milliards de dollars, ces 5 milliards équivaudraient à prélever 5 cents par revenu américain de 100 dollars. Les excédents budgétaires pourraient manifestement couvrir cette contribution. Cet effort, au demeurant modeste, pourrait sauver chaque année plusieurs millions de vies. Les effets bénéfiques à long terme, pour les États-Unis, en termes de stabilité et de développement de l'Afrique d'une part, et d'un moindre risque de transmission de la maladie d'autre part, seraient énormes. Les Américains pourraient mettre leurs dollars, leur avance technologique et leur compassion au service du monde. Qui dit mieux ? [Posté par CB] -- Adresse pour les messages destinés au forum E-MED: Pour répondre à un message envoyer la réponse au forum ou directement à l'auteur. Pour toutes autres questions addresser vos messages à :