De: owner-e-med@usa.healthnet.org de la part de dbuchil@attglobal.net Envoyé: lundi 9 avril 2001 11:25 À: e-med@usa.healthnet.org Objet: [e-med] Thabo Mbeki et le sida E-MED: Thabo Mbeki et le sida ------------------------------------------------------------------------- Bonjour, Deux autres articles parus dans la presse bresilienne le 8 avril 2001 : 1. un article de Thabo Mbeki, president de l'Afrique du sud 2. un article des agences intenationales accusant Thabo Mbeki de rendre plus difficile le combat contre le sida Dominique Buchillet dbuchil@attglobal.net ***************** AIDS. Africa do Sul pressiona farmacêuticos. Em artigo, o presidente sul-africano pede que as indústrias considerem a saúde um "direito fundamental" dos pobres Artigo de Thabo Mbeki Folha de São Paulo, São Paulo, domingo 8 de abril de 2001 - Caderno Mundo,p. A25 Sida. L'Afrique du sud fait pression sur les entreprises pharmaceutiques. Dans un article, le président de l'Afrique du sud demande que les entreprises pharmaceutiques considèrent la santé comme "un droit fondamental" des pauvres. Thabo Mbeki "Six ans après la libération de l'Afrique du sud, les questions les plus conflictuelles qui absorbent l'attention de notre pays concernent la santé. Elles surviennent en raison de l'épidémie de sida et de la législation qui pourrait nous permettre d'acquérir à des prix accessibles les médicaments pour combattre cette maladie. Il s'agit de la Loi sur le Contrôle des Médicaments et Substances associées, à laquelle 39 laboratoires multinationaux s'opposent depuis trois ans dans les tribunaux pour empêcher qu'elle ne soit appliquée. Selon les estimations les plus récentes, 4,7 millions de sud-africains - un sur neuf habitants - sont infectés par le virus VIH. Le fait que la santé ait acquis une place notable dans le débat public confirme l'importance centrale du problème dans notre lutte permanente en faveur d'une vie meilleure pour tous. Pour ce qui concerne le programme d'action de notre gouvernement, il est essentiel que nous nous unissions tous pour donner une réponse globale aux problèmes de santé qui atteignent les sud-africains, en particulier les millions de pauvres de ce pays. Naturellement, la lutte contre la pauvreté est fondamentale dans cet effort, ainsi qu'une bonne alimentation, l'eau potable, des installations sanitaires modernes et un environnement propre et salubre. L'accès primaire aux soins de santé comprend ainsi l'accès aux services médicaux de base qui incluent la disponibilité des médicaments. Parmi d'autres choses, cela requiert également un nombre supérieur d'agents sanitaires ayant une formation adéquate pour orienter les personnes. Une des tâches de ces agents sanitaires sera de conduire une campagne éducative ample sur une grande série de questions, comme, par exemple, l'importance d'utiliser l'eau potable pour éviter diverses maladies ainsi que la nécessité d'utiliser des préservatifs pour éviter les maladies sexuellement transmissibles. La question des médicaments est centrale dans nos efforts pour atteindre l'objectif de "la santé pour tous". Dans ce contexte, nous voulons témoigner notre sincère considération à l'entreprise pharmaceutique nord-américaine Pfizer qui a décidé de mettre gratuitement à la disposition des sud-africains l'un de ses médicaments contre le sida et ce pour une période de deux ans. Cela représente déjà une économie annuelle de 43 millions de dollars pour les services de santé publique. La Pfizer va également apporter les fonds nécessaires pour former des agents sanitaires à distribuer ce médicament, ainsi que pour l'acquisiiton d'équipements indispensables à la réalisation des examens médicaux. Tout ceci est un exemple concret de ce qui peut se faire avec les secteurs publics et privés pour s'affonter au défi de vie ou de mort que représente l'amélioration de la santé des pauvres. Nous reconnaissons le fait qu'il existe une contradiction inhérente entre la recherche de la finalité "la santé pour les pauvres", avec laquelle notre gouvernement est fermement engagé, et la recherche de bénéfices qui est l'objectif de toute entreprise commerciale. Une preuve sans équivoque de cette contradiciton réside dans l'insuffisance des ressources qui sont allouées au développement de médicaments pour combattre les maladies de la pauvreté et du sous-développement. Une lutte permanente entre le peuple et les entreprises pharmaceutiques ne pourra pas être évitée, à moins que tous les impliqués, y compris les nations développées, acceptent la possibilité de s'affronter tant aux nécessités qu'aux impératifs de l'activité commerciale normale. En raison de la reconnaissance universelle actuelle de l'importance de l'éradication globale de la pauvreté, des relations entre la santé et le développement et de la nécessité de mettre fin à la distance entre les riches et les pauvres, entre le nord et le sud, je considère comme objectif possible à atteindre celui d'arriver à une acceptation commune du principe selon lequel la santé est pour les pauvres un droit humain fondamental. L'effort pour généraliser le concensus autour de cette position doit continuer et, de la sorte, stimuler le développement de campagnes visant à améliorer de manière radicale la santé de la majorité des gens dans notre pays et dans le reste du monde. Il est malheureux que ce thème des droits de l'homme, de la dignité humaine et de la propre vie doive terminer dans nos tribunaux. Cependant, comme toujours, nous respecterons la décision, quelle qu'elle soit, de la justice." **************** Mbeki é acusado de dificultar combate à Aids Das agências internacionais Folha de São Paulo, São Paulo, Caderno Mundo, p. A 25 Mbeki est accusé de rendre plus difficile le combat conre le sida Des agences de presse internationales "Le président de l'Afrique du sud, Thabo Mbeki, a été de nouveau attaqué par des activistes et des organisations de lutte contre le sida après qu'une commission de spécialistes créée pour conseiller le gouvernement [en matière de lutte contre le sida] n'ait pu arriver à un concensus sur les causes de la maladie. Les 33 spécialistes engagés par Mbeki pour l'orienter en matière de lutte contre le sida ont remis mercredi dernier un rapport confus au gouvernement. Alors que les scientifiques orthodoxes défendent la distribution des médicaments anti-rétroviraux aux femmes enceintes pour éviter la transmission du VIH à leurs bébés, les scientifiques dissidents persistent à affirmer que le VIH ne cause pas le sida et recommandent la thérapie musicale et le gingembre dans la lutte contre la maladie. Les activistes considèrent que le rapport est une perte de temps et d'argent au moment où le pays se confronte à une crise majeure de la santé publique. Avec 4,7 millions de personnes séropositives, l'Afrique du sud est le pays ayant le plus grand nombre de personnes vivant avec le VIH dans le monde. Près de 1 700 personnes se contaminent chaque jour sans qu'il y ait dans le pays une campagne de prévention du sida efficace ni de traitement pour les malades. Révoltés par le rapport de la commission des notables, les activistes ont fait appel à Mbeki pour qu'il abandonne sa position polémique en relation avec le sida et accélère la lutte contre la maladie. Le président de l'Afrique du sud est critiqué tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays car il remet en cause le lien entre le virus VIH et le sida et s'oppose à la distribution des médicaments anti-rétroviraux dans le réseau de santé publique en alléguant non seulement de leur prix, mais aussi de leur nocivité pour la santé. On lui reproche également d'avoir inclus des scientifiques dissidents dans la commission chargée de le conseiller en matière de lutte contre le sida. "Le gouvernement continue à se cacher derrière l'excuse qu'il existe deux visions différentes sur la cause du sida et, en faisant ceci, il ne s'affronte pas au problème", a déclaré un porte-parole de l'Alliance démocratique, de l'opposition. Selon certains fonctionnaires du gouvernement, Madame Manto Tshabalala-Msimang, le ministre de la santé, serait convaincue que le sida est causé par le virus VIH mais elle évite d'exprimer son opinion en public pour ne pas contrarier Mbeki. Le président est cependant confronté à une grande pression pour qu'il offre les médicaments contre le sida dans le réseau de santé publique. Le débat autour de ce thème est d'ailleurs alimenté par les entreprises pharmaceutiques qui demandent en justice l'annulation de la loi de 1997, approuvée par le gouvernement de Nelson Mandela, qui autorise l'achat ou la fabrication de versions génériques de médicaments ayant un brevet en cas de crises dans la santé publique. Le jugement a débuté en mars dernier mais il a été repoussé en raison de la présentation de nouveaux témoignages et il devrait reprendre le 18 avril prochain. Toutefois, même si Mbeki change d'opinion sur la question du VIH, il a déclaré qu'il n'avait pas les moyens de distribuer gratuitement les médicaments à la population. "Nous n'avons aucune objection de principe à l'utilisation des anti-rétroviraux mais leur coût est une barrière énorme", a déclaré le ministre de la santé". remerciement à prevges.SIDA@ml.free.fr Liste pour la diffusion et la traduction d'information en français sur le SIDA -- Adresse pour les messages destinés au forum E-MED: Pour répondre à un message envoyer la réponse au forum ou directement à l'auteur. Pour toutes autres questions addresser vos messages à :