De: owner-e-med@usa.healthnet.org de la part de e-med@usa.healthnet.org Envoyé: jeudi 22 mars 2001 10:55 À: e-med@usa.healthnet.org Objet: [e-med] Revue de presse sur l'accès aux antirétroviraux en Afrique E-MED: Revue de presse sur l'accès aux antirétroviraux en Afrique ------------------------------------------------------------------------- Dr Aliou Sylla : «Le prix des médicaments, c'est 90 % du problème» PROPOS RECUEILLIS PAR VALÉRIE GAS Pour Radio France Internationale 12/03/2001 Aliou Sylla, médecin directeur du CESAC (Centre d'écoute, de soin, d'animation, de conseil pour les personnes vivant avec le VIH), un organisme géré par l'association Arcad, qui réunit des bénévoles, professionnels de santé, travailleurs sociaux et personnes touchées par les VIH, à Bamako au Mali, a une opinion tranchée sur le problème du prix des médicaments anti-sida en Afrique. Dans un état d'urgence sanitaire, il faut selon lui faire jouer rapidement la solidarité Nord-Sud pour que les malades africains puissent bénéficier des mêmes traitements que ceux des pays industrialisés. Car il n'y a pas «un sida du Nord et un sida du Sud». RFI : Que pensez-vous du procès intenté par 39 laboratoires pharmaceutiques à l'Etat sud-africain? Aliou Sylla : En tant que praticien, je suis confronté à des patients atteints du sida et je me sens impuissant car je ne peux pas prescrire de médicaments efficaces alors qu'ils existent. Cela me pose un problème sur le plan éthique. Les laboratoires pharmaceutiques ont, en effet, investi beaucoup pour la recherche et doivent rentabiliser cet investissement. Mais par rapport à cela, la vie n'a pas de prix. On a fait un plan Marshall pour l'Europe après la deuxième guerre mondiale. On pourrait en faire un autre pour que nous ayons accès aux médicaments anti-sida car les budgets de nos pays ne nous permettent pas de les acheter. RFI : Quelles solutions préconisez-vous pour financer l'accès aux traitements en Afrique? A.L: On compare le sida à une catastrophe naturelle, à une menace pour la sécurité, à un fléau mondial. Mais il n'y a pas un sida du Nord et un sida du Sud. C'est un problème unique. Et c'est ensemble que nous pouvons le résoudre. Humainement, on ne peut être satisfait de la situation actuelle. Aujourd'hui, les médicaments anti-sida sont vendus en Afrique à des prix exorbitants. Un traitement coûte, au Mali, 3500 francs français par mois. Vous connaissez nos PIB, les autres problèmes de santé que nous rencontronsà Nous avons déjà le poids de la dette à supporter. Les réductions de prix de 90 ou 95 % comme au Sénégal sont intéressantes mais l'idéal serait la gratuité totale car nous sommes dans un problème de survie. L'arrivée des médicaments génériques a eu un effet au niveau des prix, elle les a fait chuter. De ce point de vue, la concurrence c'est bien. RFI : Que pensez-vous des importations de médicaments génériques pour contourner l'obstacle du prix des molécules vendues trop cher par les laboratoires? A.L: C'est une alternative. On ne dirait pas non à condition qu'il y ait une garantie d'un contrôle de la qualité de ces médicaments. Mais j'ai l'impression que les gens se cachent la vérité. Les laboratoires qui fabriquent les génériques ne sont pas en mesure de copier toutes les molécules disponibles contre le sida. Se limiter à faciliter l'accès aux génériques reviendrait à accepter qu'il n'y ait pas d'équité entre les malades du Nord et ceux du Sud, à ce que les meilleurs médicaments soient pour le Nord et les génériques pour le Sud. Il faut les deux en Afrique, les génériques et les spécialités. RFI : Un sommet sur l'accès aux médicaments génériques doit se réunir en mai à Ouagadougou, que peut-on en attendre? A.L: Cette manifestation va aider à mobiliser, à faire prendre conscience du problème de l'accès aux médicaments. C'est un forum où l'on va débattre et où l'homme sera au coeur du problème. On va pouvoir réfléchir notamment au fait que l'on peut fabriquer des génériques dans les pays africains. RFI : Le prix des médicaments est-il le seul obstacle qui empêche de soigner les malades du sida en Afrique? A.L: Le prix des médicaments représente 90 % du problème. Une initiative malienne pour faciliter l'accès aux antirétroviraux est en cours. Elle s'inspire de l'exemple sénégalais. Elle vise à assurer un meilleur dépistage, un conseil préalable. Mais disposer des médicaments faciliterait l'action des prestataires. L'accès aux médicaments débloquerait le reste. Cela permettrait, par exemple, d'améliorer le plateau technique qui fait défaut. ******************** L'offre de médicaments génériques par Cuba saluée Panafrican News Agency (Dakar) March 21, 2001 Posted to the web March 21, 2001 Johannesburg, Afrique Du Sud Le parti communiste sud-africain (SACP) s'est félicité de l'offre faite par Cuba de fournir des médicaments génériques peu coûteux à l'Afrique du Sud pour lutter contre le SIDA. Le président Fidel Castro a déclaré dimanche que Cuba avait mis au point d'excellents remèdes contre le SIDA et souhaitait aider l'Afrique du Sud et le Brésil à contourner les lois sur les brevets pharmaceutiques pour produire des médicaments génériques à moindre coût. "Cette offre réaffirme encore une fois, la nécessité d'un accès pour tous à des médicaments à un coût abordable dans tous les pays pauvres", a déclaré le porte-parole du SACP Maziburo Jara. "Il est déraisonnable que l'Afrique du Sud paie le même prix que les Etats-Unis pour ses médicaments. La crise de la santé publique et l'épidémie de VIH/SIDA auxquelles sont confrontés la plupart des pays pauvres représentent une menace pour la vie, la dignité et la liberté des populations". Des décès prématurés et évitables causés par des maladies curables, la tuberculose et le VIH/SIDA menacent de perturber le système économique et social dans tous les pays pauvres. "Le principal obstacle à l'offre de Cuba est la loi sur les brevets et les abus qu'elle permet aux sociétés pharmaceutiques ainsi que leur opposition à la Loi d'amendement sur les médicaments et substances correspondantes", a déclaré M. Jara. "Le SACP appelle le gouvernement à souscrire à l'offre cubaine en mettant en place une stratégie industrielle dirigée par l'Etat centrée sur la production de médicaments génériques locaux". Le gouvernement sud-africain a publié mardi, des statistiques sur le SIDA indiquant une augmentation des cas d'environ 12 pour cent, ce qui se traduit par environ 4,7 millions de malades, soit un sud-africain sur neuf. Mais le taux d'infection semble se stabiliser légèrement, a indiqué le gouvernement. "Le SACP appelle le ministre du commerce et de l'industrie à user de ses pouvoirs aux termes de l'article 78 de la Loi sur les brevets afin de négocier et de délivrer des licences volontaires pour la production au niveau local de médicaments génériques. "Le SACP appelle tous les sud-africains et les autres forces progressistes dans le monde à continuer à entreprendre des actions massives contre les sociétés pharmaceutiques quand le procès intenté par elles contre la législation sud-africaine pour des médicaments à un moindre coût, va reprendre le 18 avril 2001", a déclaré M. Jara. ******************** Le Ghana prévoit des médicaments à des prix abordables Panafrican News Agency (Dakar) March 21, 2001 Posted to the web March 21, 2001 Accra Le directeur du Programme national de contrôle du SIDA au Ghana, le docteur Kwaku Yeboah, a laissé entendre mardi que des médicaments contre le SIDA seront bientôt disponibles et accessibles à tous les malades dans le pays. Il a indiqué que le gouvernement négociait avec une société pharmaceutique américaine pour importer des médicaments contre le SIDA à des prix abordables pour les populations pauvres du Ghana. Alors que des médicaments efficaces contre le SIDA et les infections connexes sont disponibles pour réduire l'impact de la maladie sur les populations dans les pays riches, Yeboah a concédé que c'était l'inverse pour les malades dans les pays en voie de développement qui mourraient par manque de soins appropriés. Même si le coût des médicaments contre le SIDA avait été réduit de 80 pour cent, la thérapie restait relativement chère pour les malades dans les pays pauvres, a-t-il indiqué. Dans une interview exclusive à l'Agence ghanéenne de presse (GNA), il a souligné que les personnes infectées dépensent entre 1,4 et 1,8 million de cedis (la monnaie locale) chaque mois pour l'achat de médicaments qui devraient être pris six fois par jour. Heureusement, l'UNICEF aidera à fournir des médicaments aux mères infectées par le VIH qui allaitent et aux enfants dans les régions septentrionales et orientales au Kenya, a-t-il précisé. A l'heure actuelle des échantillons de médicaments ont été envoyés au Comité des Aliments et des Médicaments au Ghana pour y être analysés avant leur distribution. Le docteur Yeboah a rappelé qu'il n'existait aucun remède contre le SIDA et que "les médicaments sur le marché tendaient à réduire les symptômes et à améliorer la santé des personnes infectées". Au Ghana, le taux de prévalence du VIH chez les adultes est de 4,6 pour cent et un total de 41.229 cas ont été signalés depuis septembre dernier dans le pays. Le VIH/SIDA se transmet principalement à travers les rapports sexuels dans 80 pour cent des cas contre 15 pour cent par le sang ou les produits sanguins. Dans le cadre de la politique du ministère de la santé concernant le traitement et la gestion de la pandémie, les malades auront le droit de choisir et d'avoir accès à n'importe quelle thérapie, notamment les options nutritives fournies par le Comité des Aliments et des Médicaments ou les autres organismes professionnels compétents, a précisé le docteur Yeboah. "Une liste de médicaments rentables pour la gestion du VIH/SIDA et les autres maladies sexuellement transmissibles sera également élaborée et incorporée dans la Liste des Médicaments de Base et le Formulaire National", a-t-il ajouté. Concernant les remèdes et les thérapies alternatives, il a admis que "certains remèdes traditionnels ont des propriétés qui modifient la réponse biologique et dissipent les symptômes, mais certains guérisseurs traditionnels confondent ces signes avec un remède contre le VIH/SIDA". Il a ajouté que le ministère ainsi que les autres organismes appropriés aideront les personnes qui affirment détenir un remède contre le SIDA à prouver leurs allégations de manière fiable et scientifique. [Posté par CB] -- Adresse pour les messages destinés au forum E-MED: Pour répondre à un message envoyer la réponse au forum ou directement à l'auteur. Pour toutes autres questions addresser vos messages à :