De: owner-e-med@usa.healthnet.org de la part de schmidt_hg@yahoo.fr Envoyé: jeudi 12 avril 2001 19:27 À: e-med@usa.healthnet.org Objet: [e-med] Antirétroviraux : Accessibilité...et ensuite ? E-MED: Antirétroviraux : Accessibilité...et ensuite ? ------------------------------------------------------------------------- Accessibilité...et ensuite ? Bonjour à tous! A la lecture des nombreux articles de presse concernant l'épidémie de SIDA, j'ai l'impression que le problème quasi exclusif s'opposant à l'éradication de cette menace consiste en l'accessibilité financière des antirétroviraux, des thérapies associées et des moyens de dépistage/suivi. Les forums de discussion semblent aussi relayer cette impression car l'on peut y lire des synthèses telles que: "Les prix des médicaments correspondent à 90% du problème". Les prix fixés par l'industrie sont inapplicables et inacceptables. C'est vrai ! Il me semble pourtant que l'on s'en approche, de cette accessibilité populaire aux traitements et suivi: des génériqueurs font des offres fracassantes et les labos des réductions vertigineuses. Le mérite en revient, en particulier, à la pression exercée par la société civile (ONG, associations de malades...)sur les institutions et les fabricants. Pour rendre enfin ces thérapies financièrement accessibles, les gouvernements ne doivent-ils pas, à leur tour, montrer leur volonté de participer à cette lutte et s'engager plus avant ? Il s'agirait de définir et d'appliquer des mécanismes de subvention ainsi que d'appliquer et contrôler des principes de tarification qui soient clairs (ou de garantir la gratuité des soins, comme le montre l'engagement du gouvernement brésilien). Et ensuite ? J'ose éluder les problèmes de garantie et contrôle de qualité, de maîtrise des points d'entrée, de distribution et de gestion, de coordination des secteurs publiques et privés, d'éducation et d'information de la population... Il faut, bien sûr, utiliser les ressources existantes, mais comment localiser les points d'hospitalisation, de dispensation et de suivi ? Dans des contextes où parfois plus d'un habitant sur dix se trouve séropositif, ces structures doivent être suffisament proches de la population et le secteur privé activement associé aux efforts du secteur publique. Des structures sélectionnées pourraient elles être spécialisées et son personnel formé ? Un service d'hospitalisation et le laboratoire d'une clinique privée pourraient-ils être contractualisés ? Un système de suivi de la qualité des actes et d'habilitation des approvisionnements et prestations peut-il être mis en place ? Et ensuite ? Peut-on prendre le risque de rendre ces thérapies rapidement obsolètes par un usage irrationnel, à l'instar des antituberculeux ou des antimalariques ? Le virus du SIDA ne nous adresse pas seulement un défi technique et existentiel (On ne sait pas exactement quels antirétroviraux sont les moins toxiques, seuls ou en association, ou bien ceux qui induisent le plus rapidement des résistances. On tâtonne pour la meilleure combinaison associant sécurité, tolérance et efficacité.). Cette épidémie impose également un changement de comportement des professionnels de santé qui doivent être à l'observation et à l'écoute des intolérances et tolérances des patients ainsi que de leur compliance aux traitements. Les fréquentes modifications de protocoles s'appuient sur le suivi du labo, l'état du malade, sa tolérance et la connaissance des thérapies antérieures. Ici, l'histoire thérapeutique du patient devient vitale et son dossier clinique doit être tenu à jour et consciencieusement archivé pour un suivi à vie. Soyons optimistes et gageons que les thérapies contre le SIDA seront bientôt accessibles. Les gouvernements doivent alors engager leur energie dans cette bataille car il deviendrait fâcheux que le facteur limitant devienne clairement la volonté politique. Un brin utopiste, les tous petits pourcents des budgets nationaux attribués à la santé devraient être à la mesure de cette priorité. Lorsque l'on voit des Etats sérieusement menacés par le SIDA et engageant des fortunes colossales en effort de guerre, n'est-il pas approprié de se dire que notre micro-ennemi n'a que faire de nos macro-armements ? Une fois l'accessibilité gagnée, nous aurons encore du pain sur la planche... ===== Guillaume Schmidt pharmacien consultant Annecy - France adresse mail : schmidt_hg@yahoo.fr -- Adresse pour les messages destinés au forum E-MED: Pour répondre à un message envoyer la réponse au forum ou directement à l'auteur. Pour toutes autres questions addresser vos messages à :